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Rien à déclarer : 7 millions d'entrées... mais un procès pour de gros sous !

Rien à déclarer : 7 millions d'entrées... mais un procès pour de gros sous !

Depuis sa sortie il y a quatre semaines, Rien à déclarer (voir la bande-annonce ci-dessus), la nouvelle comédie de Dany Boon, a déjà séduit près de 7 millions de spectateurs en salles et engendré un véritable pactole pour son auteur/réalisateur/acteur/producteur.

Mais qui dit succès, dit obligatoirement "je veux ma part du gâteau !", et à ce petit jeu, deux grands producteurs français se disputent les droits du film de Dany, comme nous le rapporte Le Point, en kiosques demain.

Il s'agit d'une étrange et sombre histoire que le tribunal de commerce de Paris va devoir juger prochainement (le 4 avril 2011) et qui oppose plusieurs stars du grand écran, concernant les droits du film à succès de Dany Boon avec Benoît Poelvoorde.
En effet, deux des plus gros producteurs français - Thomas Langmann (qui produit actuellement une nouvelle version de La guerre des boutons) et Jérôme Seydoux (boss de Pathé et associé de Claude Berri - le père de Thomas - pendant près de trente ans) - se déchirent littéralement depuis près de deux ans pour récupérer les droits de cette comédie.

Dans ce conflit, Langmann accuse Seydoux de l'avoir spolié lui et son frère Darius de leurs droits sur Rien à déclarer (coproduit par Jérôme Seydoux via Pathé) et réclame 12 millions d'euros au titre de dommage et intérêts.

Pour comprendre l'histoire, il faut remonter à une dizaine d'années, à l'époque où Dany était encore méconnu et considéré comme le Ch'ti qui se plaignait à qui veut l'entendre "Je vais bien, tout va bien". Claude Berri, qui assiste à l'un des spectacles du jeune Dany, tombe sous le charme de l'humoriste et croit tenir là son nouveau cheval de course, celui sur lequel il faut miser maintenant. Dès lors, Claude présente sa nouvelle découverte à son associé de l'époque Jérôme Seydoux. Ensemble, les deux producteurs et amis mettent Dany sur les rails du cinéma en finançant et développant son premier long métrage, une comédie qui sortira en 2006 avec Dany, Michèle Laroque et Daniel Prévost, intitulée La maison du bonheur, et qui séduira plus d'un million de spectateurs en salles. Un score on ne peut plus honorable (qui comblerait de nombreuses productions !) qui pousse les deux producteurs à poursuivre avec Dany et à monter son prochain film. Deux ans plus tard, Bienvenue chez les Ch'tis sort sur les écrans. Le raz-de-marée passé, les spectateurs se comptent en millions. 20,5 millions exactement. Record historique pour un film français, juste derrière l'insubmersible Titanic de James Cameron et ses 20,7 millions d'entrées en 1998.

Un triomphe monumental et inattendu, aussi bien pour Dany que pour Jérôme et Claude. Les deux producteurs et l'artiste trinquent avec leurs coupes de champagne pleines, comptent leurs millions d'euros, réévaluent la part de Dany qui y trouve finalement son compte (ses revenus seront doublés), et évoque déjà le troisième opus de Dany, Rien à déclarer. Début de l'embrouille... Car, selon les informations du Point, Jérôme Seydoux estime que cet accord sur le troisième film de Dany n'était accordé qu'à Pathé, car Claude Berri étant décédé depuis, il est le seul des deux producteurs encore en activité et le seul donc, selon lui, à posséder les droits du film. Pour Seydoux, il n'a pas de compte à rendre aux héritiers de Berri.

C'est là que la descendance de Claude Berri - Thomas Langmann - entre dans la danse, car il ne voit pas du tout les choses comme ça et pense que les héritiers du regretté producteur - lui et son frère Darius - ont des droits sur ce film. Le jeune producteur de 39 ans estime en effet qu'étant les héritiers directs de la société paternelle - qui est donc détentrice de cette option à part égale avec Pathé -, la moitié des bénéfices du film leur reviennent. De plus, pour accentuer son propos, Langmann avance que les sommes accordées à Boon en échange de l'option sur Rien à déclarer ont été prélevées sur les bénéfices de Bienvenue chez les Ch'tis, qui appartient donc, pour lui, à moitié à Pathé et à moitié aux héritiers Berri.

Le conflit est lancé. Deux mois à peine après la mort de Claude Berri (survenue en janvier 2009), et avant même que le tournage de Rien à déclarer ait démarré, Thomas Langmann se manifeste en envoyant une lettre au siège de Pathé afin de participer au financement de ce troisième film de Boon, "en mémoire de mon père", lâchera-t-il à ses proches. Aucune réponse ne lui sera adressée.

Les deux parties se tirent donc la bourre depuis, car il est question ici de gros sous, vraiment de très gros sous, on parle de dizaines de millions d'euros, si bien que les deux producteurs, pour étayer leurs versions respectives, constituent des dossiers et sollicitent des témoignages, parfois ambigus. Par exemple, l'ancien agent de Dany (celui de l'époque, car il en a changé) produit ainsi deux versions contradictoires lorsqu'il évoque les tractations entre les deux producteurs (Berri et Seydoux) et Dany. Comme s'il ne voulait froisser personne, une version va dans le sens du boss de Pathé, l'autre dans celui de Langmann.

Quelle est la part de vérité ? Quelle est la part d'ambition pécuniaire ? Ce sera à la justice d'en décider dès le mois prochain, mais en attendant, les langues se délient d'une façon anonyme dans le milieu du septième art. Ainsi, certains trouvent l'attitude de Pathé et de son patron Jérôme Seydoux particulièrement injuste, étant donné que ces trente dernières années, c'est principalement Claude Berri qui a apporté à Pathé la plupart de ses projets. D'autres pensent au contraire que Thomas Langmann vient gratter une fois de plus quelques millions, car il rencontrerait des difficultés financières et tenterait de bouffer un peu plus à tous les râteliers (les deux fils de Claude Berri viennent d'ailleurs de vendre des oeuvres d'art de leur père à des particuliers étrangers alors qu'elles étaient destinées au Centre Pompidou).

Approchés par Le Point, ni Jérôme Seydoux (Pathé), ni Thomas Langmann (La Petite Reine) n'ont souhaité s'exprimer quant à ce conflit, pas plus que Dany Boon. Un proche de l'artiste a tout de même confié à l'hebdomadaire : "Dany ne souhaite pas s'exprimer sur cette affaire qui concerne la société Pathé et La Petite Reine." Conflit d'intérêts pour Dany ? Sans conteste, puisqu'il vient d'entrer au conseil d'administration de Pathé, et donc de rejoindre le camp Seydoux.

Début du procès le 4 avril 2011. A suivre...

Adam Ikx

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