Selon la psychologie, les personnes qui apprécient leur sieste de l'après-midi réagissent peut-être à autre chose qu'à la simple fatigue
Publié le 28 septembre 2026 à 06:34
Ajoutez Ode à vos sources préférées
Faire une sieste l'après-midi est parfois associé à la paresse ou au manque d'énergie. Pourtant, cette envie de dormir en journée pourrait surtout s'expliquer par le fonctionnement de notre cerveau, notre rythme biologique et notre besoin de récupération.
Selon la psychologie, les personnes qui apprécient leur sieste de l'après-midi réagissent peut-être à autre chose qu'à la simple fatigue
Certaines personnes apprécient particulièrement la sieste, tandis que d'autres la vivent moins bien.

Photo prise par Iam Os / Unsplash L'envie de dormir l'après-midi est notamment liée au rythme circadien et à la pression de sommeil.

Photo prise par Slaapwijsheid Nl / Unsplash Une sieste peut contribuer à réduire temporairement la somnolence.

Photo prise par Bruce Mars / Unsplash Certaines recherches associent les siestes à des bénéfices sur l'apprentissage et la mémoire.

Photo prise par Shane / Unsplash Le cerveau peut progressivement associer la sieste à une sensation de récupération.

Photo prise par Quin Stevenson / Unsplash

Une personne peut être particulièrement productive le matin, faire une sieste l'après-midi puis reprendre son travail avec une sensation de fraîcheur. Une autre peut au contraire éviter de dormir en journée, car les siestes la rendent somnolente ou désorientée. Ces différences reflètent surtout les habitudes de sommeil et les réactions propres à chacun, plutôt qu'un type de personnalité particulier.

Pour certains, la sieste est une solution de secours après une mauvaise nuit. Pour d'autres, c'est l'un des moments les plus attendus de la journée. Après le déjeuner, les rideaux se ferment, le téléphone passe en silencieux et 20 minutes de sommeil peuvent donner l'impression d'appuyer sur un bouton "reset".

Les personnes qui aiment faire la sieste sont parfois qualifiées de paresseuses ou de peu dynamiques. Pourtant, la psychologie du sommeil offre une explication bien plus intéressante. La sieste se trouve au croisement du rythme circadien, de la pression de sommeil, de la récupération cognitive, de la mémoire et des habitudes. Avoir envie de dormir en journée n'est donc pas forcément un manque de motivation : cela peut simplement refléter le fonctionnement de notre organisme.

La psychologie explique que le besoin de faire une sieste augmente pendant que nous sommes éveillés

L'une des principales explications vient du chercheur en sommeil Alexander Borbély et de son célèbre modèle à deux processus de la régulation du sommeil.

Selon cette théorie, le sommeil est régi par deux mécanismes. Le processus S, ou pression homéostatique de sommeil, augmente pendant les périodes d'éveil et diminue lorsque nous dormons. Le processus C correspond au rythme circadien, qui participe à la régulation du sommeil et de l'éveil sur environ 24 heures.

Prenons l'exemple d'une personne qui se réveille à 6 heures. En début d'après-midi, elle a déjà accumulé plusieurs heures d'éveil et sa pression de sommeil est plus importante. Son envie de faire une sieste n'est donc pas nécessairement liée à un manque de volonté.

Une sieste permet alors de réduire temporairement cette pression, ce qui peut donner l'impression de repartir pour une seconde partie de journée.

Le fameux coup de fatigue de l'après-midi n'est pas toujours dû au déjeuner

On attribue souvent la baisse d'énergie de l'après-midi au repas de midi. Pourtant, la somnolence est également influencée par le rythme circadien.

La vigilance ne diminue pas simplement de façon continue entre le matin et le soir. La pression de sommeil interagit avec le rythme circadien, qui favorise naturellement l'éveil ou le sommeil à différents moments de la journée.

Une personne peut ainsi être très énergique le matin, ressentir davantage de fatigue au cours de l'après-midi, puis retrouver de la vigilance quelques heures plus tard.

Pour les adeptes de la sieste, cette période peut donc être particulièrement propice au sommeil. Le corps connaît naturellement une hausse de la somnolence, ce qui peut rendre l'endormissement plus facile.

La sieste peut restaurer bien plus qu'une simple sensation d'énergie

Si certaines personnes finissent par apprécier ce rituel, ce n'est pas sans raison. Dans certaines conditions, les siestes peuvent avoir des effets sur les capacités cognitives.

La chercheuse Sara Mednick, avec Ken Nakayama et Robert Stickgold, a notamment montré que les siestes comprenant à la fois du sommeil lent et du sommeil paradoxal pouvaient favoriser certains apprentissages perceptifs dépendants du sommeil. Dans leur expérience, une sieste de 60 à 90 minutes produisait des bénéfices sur l'apprentissage comparables, sur certains aspects, à ceux associés au sommeil nocturne.

Une revue systématique consacrée aux siestes chez des adultes en bonne santé a également conclu qu'elles pouvaient contribuer aux performances de la mémoire déclarative, notamment dans le traitement d'informations apprises dépendant de l'hippocampe.

Imaginez une personne qui a passé toute la matinée à étudier, écrire ou résoudre des problèmes complexes. Sa sieste peut lui donner l'impression de simplement "déconnecter". Pourtant, le sommeil n'est pas une période d'inactivité totale : certains processus liés à l'apprentissage et à la mémoire se poursuivent pendant que nous dormons.

La sieste peut devenir un véritable rituel de récupération

Il existe aussi une explication comportementale au fait que certaines personnes finissent par adorer faire la sieste.

Lorsqu'une personne ressent régulièrement une baisse d'énergie vers 14 heures, dort un peu et se réveille ensuite plus alerte, son cerveau peut progressivement associer la sieste à la récupération.

Avec le temps, le rituel lui-même peut devenir agréable. Fermer les rideaux, s'allonger et mettre temporairement ses responsabilités de côté marque une transition entre l'effort et le repos.

Cela ressemble à un mécanisme d'apprentissage par renforcement : lorsqu'un comportement produit régulièrement une conséquence agréable, comme une diminution de la somnolence ou un regain de vigilance, le cerveau peut être davantage enclin à le reproduire.

La prochaine fois que quelqu'un annonce avec enthousiasme qu'il va faire sa sieste de l'après-midi, il ne s'agit donc pas forcément de paresse. Son cerveau a peut-être simplement appris qu'un court moment de sommeil constitue une manière efficace de récupérer.

Articles liés
Au lit à 20h30, petites siestes, gainage... L'incroyable hygiène de vie de Bruno Guillon
Au lit à 20h30, petites siestes, gainage... L'incroyable hygiène de vie de Bruno Guillon
"La durée idéale, c'est…" : Une sieste oui, mais pas n'importe comment ! Le docteur Gérald Kierzek livre ses conseils pour une pause réparatrice
"La durée idéale, c'est…" : Une sieste oui, mais pas n'importe comment ! Le docteur Gérald Kierzek livre ses conseils pour une pause réparatrice
Nous pensions que dormir avec notre chien ou notre chat était une idée réconfortante et saine, la science prouve que cela perturbe le sommeil
Nous pensions que dormir avec notre chien ou notre chat était une idée réconfortante et saine, la science prouve que cela perturbe le sommeil
Par Lucie Louback | Rédactrice
Lucie est une journaliste qui ne veut rien louper. Une dispute un peu bruyante dans la rue ? Elle n’en loupe pas une miette. Une annonce d’une personnalité sur les réseaux sociaux ? Elle reste à l’affût pour écrire un article dessus. Vos célébrités préférées n’ont plus aucun secret pour Lucie qui a bien l’intention de vous faire découvrir leur quotidien très mouvementé.
Mots clés
Personnalités Françaises