Il est loin le temps où les membres des familles aristocratiques pouvaient se complaire dans l’oisiveté en attendant qu’un conflit se déclare pour partir guerroyer. Évidemment, quand on naît chez les Windsor ou les Grimaldi, on démarre avec de sérieux atouts dans la vie, mais ce n’est pas pour autant que l’on ne vit que de ses rentes. À plus forte raison lorsqu’on n’est pas prince héritier, comme c’est le cas d’Andrea et Pierre Casiraghi.
Quatrième dans l’ordre de succession au trône derrière ses cousins Jacques et Gabriella, les jumeaux d’Albert et Charlène, et juste après sa mère Caroline, Andrea Casiraghi fête ce 8 juin son 42e anniversaire. Aîné de la fratrie, le frère de Charlotte et Pierre Casiraghi a dû affronter à 6 ans la perte de leur père, Stefano, qui a trouvé la mort dans un accident de bateau de course au large de Monaco. Un drame survenu à peine huit ans après la disparition de la princesse Grace dans un accident de voiture dont sa fille Stéphanie était sortie vivante.
Deux ans avant de disparaître, le père des trois enfants, sportif invétéré mais aussi homme d’affaires avisé, avait monté dans la Principauté une entreprise. Après avoir été concessionnaire Porsche puis Mitsubishi à Monaco, ainsi que responsable de boutiques Dior à Monte-Carlo et en Italie, le mari de Caroline, bien qu’aimant profondément la mer -passion qu'il a transmise à Pierre- avait choisi de se tourner vers le ciel. C’est ainsi qu’en 1988, il avait lancé Monacair.
Andrea Casiraghi et son frère, à la tête d'une flotte d'hélicoptères de luxe
Monacair n’est pas une compagnie aérienne comme les autres, et pour cause. Monaco, du fait de sa petite taille, ne dispose pas d’aéroport. En revanche, logé entre le port de Cap-d’Ail et celui de Fontvieille, quasiment adossé au stade Louis-II et faisant face à la mer, l’héliport de la Principauté est particulièrement prisé des riches résidents monégasques. C’est là, au bord des six aires de décollage et d’atterrissage, qu’est installée Monacair et sa flotte d'hélicoptères de luxe.
Après le décès de Stefano, la compagnie a été prise en main par des gestionnaires aguerris mais rapidement, la famille Casiraghi, qui s'est encore agrandie à l'automne dernier, a repris les commandes du groupe. Dès 2015, ainsi que l’indiquent les documents administratifs et financiers qu’Ôde a pu consulter, Pierre Casiraghi prend la présidence de la holding du groupe, alors baptisée Skygroup. La mission du benjamin : superviser le développement de la compagnie. Un an plus tard, il cède cependant son siège à Gilbert Schweitzer, dirigeant historique de la société, conservant néanmoins un rôle de premier plan dans sa gouvernance.
Les documents officiels montrent qu'à partir de 2018, l'aventure prend une dimension familiale encore plus affirmée. Aux côtés de Pierre, au conseil d'administration de Monacair Group apparaît en effet son frère aîné, Andrea Casiraghi. Les deux frères participent notamment à la nomination de Damien Mazaudier à la tête de l'entreprise, confirmant l'intérêt durable porté par les fils de la princesse Caroline à cette société devenue l'un des acteurs incontournables du transport aérien privé entre Monaco, la Côte d'Azur et les Alpes. Huit ans plus tard, ils demeurent étroitement associés à la gouvernance du groupe, qui permet aux Monégasques pressés de rejoindre l’aéroport de Nice en sept minutes... contre quarante par la route.
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Évidemment, le vol n’est pas à la portée de tous : la rapidité a un prix. On apprend sur le site de la société qu’il faut débourser au minimum 195 euros par siège pour effectuer ce court trajet, qui fait l’objet d’une desserte régulière avec un départ toutes les trente minutes. À ce tarif-là, les clients bénéficient d’un service porte-à-porte : à Monaco, un chauffeur privé les attend pour assurer, selon l’entreprise, un « transfert fluide ».
Si cette prestation est sans doute la plus emblématique de Monacair, la société de Pierre et Andrea offre de nombreuses autres possibilités de voyage. Cannes ou Saint-Tropez sur la Côte d’Azur, Val d’Isère ou Courchevel dans les Alpes, Sion en Suisse, Calvi en Corse ou Porto Cervo en Italie : les hélicoptères de la société desservent les lieux les plus prisés du Gotha. « Nous nous occupons de chaque détail pour vous offrir une expérience de vol inoubliable », promet l’entreprise.
La compagnie a dû licencier la moitié de ses effectif
Et comme toute société de luxe qui se respecte, pour Monacair, rien ne semble impossible. Qu’il s’agisse de déposer ses clients aux portes des plus prestigieux restaurants de la région ou de leur offrir un vol panoramique au-dessus des paysages de la Côte d’Azur, "depuis le confort et l’élégance" de ses appareils, tout semble envisageable.
L'histoire récente de Monacair a toutefois connu quelques turbulences. Comme le racontait Monaco Hebdo en 2020, la société des frères Casiraghi a été durement touchée par la crise sanitaire. Confrontée à l'effondrement du trafic aérien à l'aéroport de Nice et à l'annulation des grands événements monégasques, la compagnie avait dû se résoudre à annoncer un plan social portant sur 32 postes, soit près de la moitié de ses effectifs. Interrogé par l'hebdomadaire, Damien Mazaudier, alors président de Monacair, évoquait une chute du trafic d'environ 80 % par rapport à son niveau habituel. Malgré cette période particulièrement difficile, l'entreprise est parvenue à poursuivre son développement dans les années qui ont suivi et ses finances ont retrouvé de l'air.
De quoi satisfaire Andrea, l’époux de Tatiana Santo Domingo, et son frère Pierre, marié à depuis plus de 10 ans à Béatrice Borromeo. Plus de trente-cinq ans après sa création par Stefano Casiraghi, l’entreprise demeure l’un des héritages les plus visibles laissés par leur père. Un héritage que les deux frères continuent aujourd’hui de faire prospérer, tout en multipliant les engagements dans l’immobilier, le sport ou encore l’humanitaire.