L'Espagne, c'est une affaire de famille pour Olivia Ruiz. La chanteuse et romancière de 45 ans est en effet la petite-fille d'exilés espagnols ayant fui le franquisme. Une histoire bouleversante qui a d'ailleurs nourri ses deux premiers romans. Mais pour ¡Vamos!, son troisième livre à paraître chez JC Lattès ce 29 avril, c'est une Espagne plus intime et plus contemporaine qu'elle convoque. Celle d'un séjour de trois mois à Madrid avec son compagnon Nicolas Preschey et son fils Nino, 10 ans, juste avant qu'il ne fasse son entrée au collège.
Le point de départ ? Une statistique qui l'a fait frémir. "J'avais lu que 75 % du temps qu'un parent passe avec son enfant a lieu avant ses 12 ans. D'un coup, je me suis demandé : ' si je sacrifie ce temps-là, est-ce que je vais le regretter ?'", confie-t-elle à La Tribune Dimanche ce 26 avril. Alors Olivia Ruiz a tout suspendu, ses tournées, son quotidien parisien et ses habitudes, pour partir avec eux de l'autre côté des Pyrénées.
Pour choisir la ville, Olivia Ruiz a soumis trois options à son compagnon et son fils. Trois villes espagnoles et surtout trois atmosphères radicalement différentes. "Mes racines sont plus à Murcie et Gérone. Madrid, c'était le choix de mon compagnon et de mon fils. J'avais proposé Barcelone, Séville ou Madrid", raconte-t-elle à l'hebdomadaire. Et chacune avait ses arguments. À commencer par Séville, la ville du bonheur.
La capitale andalouse est régulièrement citée parmi les endroits où il fait le mieux vivre en Europe. En 2025, elle a fait son entrée dans le top 10 des villes les plus heureuses selon Time Out. Une ville douce, à taille humaine, qui aurait pu coller au roman qu'Olivia Ruiz avait en tête. Mais le vote familial n'est pas allé par là. Barcelone, ensuite, la touristique. La ville catalane séduit par sa mer, son architecture et son énergie cosmopolite. Mais le tourisme de masse y a pris des proportions telles que des habitants descendent régulièrement dans la rue pour protester. Une agitation qui cadre mal avec l'idée d'une parenthèse familiale apaisée.
Et c'est finalement Madrid qui a gagné. La ville n'est plus seulement la capitale administrative de l'Espagne, elle est aussi devenue l'une des métropoles les plus dynamiques d'Europe. Selon Barnes, Madrid s’impose en effet pour la deuxième année comme la destination la plus attractive au monde pour les investisseurs, avec des prix pouvant atteindre 19 000 euros le mètre carré dans certains quartiers. C'est aussi une ville qui vit dans les rues, dans les bars, dans les marchés. Ça tombe bien : c'est tout à fait le terrain de jeu qu'il fallait à Olivia Ruiz pour écrire.
"J'adore les gens, les regarder. Un regard, une gestuelle, et ça déclenche quelque chose", confie-t-elle à La Tribune Dimanche. La vie madrilène a visiblement réussi à toute la famille. Selon Olivia Ruiz, ils ont vécu là trois mois intenses avec des rencontres, des balades pittoresques, des churros à la chocolaterie de San Ginés et des sorties régulières. Cette immersion totale dans la ville, loin des projecteurs parisiens, l'a charmée.
"Ici, tout est plus naturel, personne ne me reconnaît, se réjouit l'ancienne demi-finaliste de la Star Academy. Je me sens légère ici, je ne sais pas pourquoi. Peut-être ces détails si rutilants, la chaleur, le ma chène, mon blond, qui peut paraître anodin mais ça change le quotidien." Mais toutes les bonnes choses ont une fin et la famille a dû quitter l'Espagne pour revenir en France. Au moment de repartir, l'arrachement est réel. "Je serais bien restée plus longtemps. J'ai l'impression de m'être offert des churros bien sablés, sans la peur du chocolat. Une fois qu'on y a goûté, on sait", plaisante la chanteuse.