A 97 ans, Hugues Aufray n'a rien perdu de son envie de chanter, mais il garde un souvenir amer de certaines personnes croisées au cours de sa longue carrière. Dans un entretien accordé à la presse belge, l'interprète de Santiano revient sur les escroqueries dont il affirme avoir été victime et livre une confidence pour le moins inattendue sur sa situation financière.
Toujours sur les routes avec sa tournée Escapada !, le chanteur était interrogé par DH.net sur les raisons qui le poussent encore à monter sur scène. L'occasion pour lui de revenir sur ses difficultés financières, déjà évoquées par le passé. Et sa réponse ne manque pas de franchise. "Ça a toujours été bien parce que ça a toujours été mal ! Parfois, ce que vous croyez être de la malchance, c'est une chance. Il suffit de transformer ce qui vous est arrivé. Ça s'appelle la résilience. Donc, j'ai eu la chance d'être entouré d'escrocs qui ont dilapidé mon argent. Je n'ai jamais été vraiment à l'aise matériellement, comme peuvent l'être certains artistes. Grâce à ça, je ne me suis jamais drogué, je ne me suis jamais alcoolisé et je suis beaucoup plus peinard comme ça", explique-t-il.
Ces propos font écho à ses confidences précédentes sur les malversations dont il estime avoir été victime pendant plusieurs décennies. Dans les colonnes de Paris Match l'année dernière, Hugues Aufray avait notamment raconté avoir été lésé par des personnes auxquelles il avait confié certaines de ses compositions. Des histoires qui auraient eu des conséquences importantes sur ses revenus. "C'étaient des escrocs, des gens très intelligents, très bien placés dans le métier. Ils ont profité de ma naïveté. J'avais rapporté des musiques des États-Unis des chansons que personne ne connaissait en France. Je les ai confiées à un éditeur, qui s'est empressé de les traduire et de les faire chanter par d'autres. J'entends siffler le train, par exemple, c'était mon morceau, et il a été donné à Richard Anthony", racontait-il. Le chanteur avait également expliqué avoir fait faillite et avoir dû se séparer de sa grande maison de Marnes-la-Coquette. Une situation loin de l'image que l'on pourrait se faire d'une star aux nombreux succès populaires.
Pour autant, pas question pour lui de raccrocher sa guitare. Si les déplacements et les tournées sont devenus plus éprouvants avec l'âge, l'artiste tient à retrouver son public. Il reconnaît toutefois que cette activité représente aussi une nécessité financière : "C'est vrai que si on n'est pas extrêmement riche comme Céline Dion, qui voyage dans des conditions particulières, avec son avion, c'est devenu un esclavage. Ce n'est pas rigolo du tout. Donc, je rêve de faire le moins de galas possible, en gagnant juste le nécessaire. Mais ça ne me dérange pas du tout. Moi, j'ai chanté devant 50 000 personnes, et ça m'a fait moins d'effet que de chanter pour 60 personnes dans un hôpital." Le prochain rendez-vous est fixé au 24 novembre à La Sucrerie, à Wavre, en Belgique. Malgré les concerts récemment reportés après des problèmes de voix, Hugues Aufray entend bien poursuivre cette aventure musicale. Et ses confidences montrent que, pour lui, la scène reste avant tout une histoire de passion, bien au-delà des questions d'argent.