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Cannes 2012 : Le palmarès, symptôme d'un festival sans surprise ?

Cannes 2012 : Le palmarès, symptôme d'un festival sans surprise ?
Par Geoffrey C.

Avec une deuxième Palme d'or pour Amour (2012), l'un des films phares de la sélection porté par Jean-Louis Trintignant et Emmanuelle Riva, Michael Haneke entre dans le cercle très privé des réalisateurs doublement primés aux côtés de Francis Ford Coppola, Bille August, Jean-Pierre et Luc Dardenne, Shohei Imamura et Emir Kusturica. Une première marche du podium à l'image d'un palmarès sans étincelles, dominé par les revenants du Festival et la désagréable impression d'une famille cannoise.

L'élite de Cannes

Après la Palme d'or pour 4 mois, 3 semaines et 2 jours (2007), le Roumain Cristian Mingiu est récompensé par le prix du scénario et le double prix d'interprétation féminine pour Au-delà de la colline. Palme d'or pour Le Vent se lève (2006), Ken Loach décroche son troisième prix du jury pour La Part des anges. Le Mexicain Carlos Reygadas empoche le prix de la mise en scène pour Post Tenebras Lux, après avoir reçu le prix du jury pour Lumière silencieuse (2007). Quant à l'Italien Matteo Garrone, il rafle son deuxième Grand prix du jury avec Reality (2011), quatre ans après Gomorra (2008).

À ce palmarès très familier s'ajoutent les retours de Jacques Audiard, Jeff Nichols, Alain Resnais, Xavier Dolan, Nicole Kidman et une ribambelle de personnalités du septième art qui semblent étiquettées "Festival de Cannes". Au-delà de l'intégrité artistique de la sélection, particulièrement appliquée à mixer le meilleur du people et de l'art, c'est la répétition qui est visée. Avec le sentiment que chaque nouveau film des réalisateurs primés peut entrer en compétition sans aucune difficulté s'il est prêt à temps.

L'importance d'être inconstant

Hué par la presse, Paperboy de Lee Daniels récoltait une standing-ovation de seize minutes quelques heures plus tard. Un curieux revirement sonore qui confirme que le Festival accueille rarement à bras ouverts les paris risqués.

Au-delà de la qualité discutable du film avec Nicole Kidman et Zac Efron, se pose la question de la modernité à Cannes. Au fil des années, des films extraordinaires comme L'Avventura (1960) de Michelangelo Antonioni, La Dolce Vita (1960) de Fellini, Sous le soleil de Satan (1987) de Maurice Pialat, Crash (1996) de David Cronenberg, Irréversible (2002) de Gaspar Noé ou encore Southland Tales (2006) de Richard Kelly ont été violemment reçus, tandis que les heureux élus du palmarès étaient sifflés sur scène. L'histoire aura souvent prouvé qu'un mauvais accueil est bon signe - L'Avventura servira d'ailleurs d'affiche au Festival 2009.

Les temps modernes

Le Festival de Cannes confirme son désir d'écouter les pulsations du cinéma moderne, notamment avec les prix de la mise scène remis à Paul Thomas Anderson et Nicolas Winding Refn pour Punch-drunk Love (002) et Drive (2011). Néanmoins, le manque cruel de fantaisie en compétition officielle semble bloquer l'accès à une foule de cinémas d'ailleurs.

En outre, l'éventail des générations du cru 2012 démontre que la marge de manoeuvre de la compétition officielle est limitée. À 33 ans, Jeff Nichols (Mud) était ainsi le benjamin de la sélection, face aux 89 ans d'Alain Resnais. Avec une moyenne d'âge de 55 ans, le Festival de Cannes 2012 était clairement fermé aux jeunes cinéastes, comme le déplorait Xavier Dolan, relégué à la section Un Certain Regard malgré son beau Laurence Anyways - et alors que plusieurs films classiques ne semblaient pas avoir leur place en compétition.

Les premiers resteront les premiers

L'absence de Leos Carax au palmarès est probablement la plus flagrante manifestation de cette machine enrayée. Porté aux nues dans les années 80, détruit par le désastre financier des Amants du Pont-Neuf (1991) et ridiculisé avec Pola X (1999) à Cannes, le cinéaste français était passionnément défendu par une majorité des critiques, impressionnés par la beauté à part de Holy Motors.

En plus d'une belle revanche, un prix décerné à Leos Carax - beaucoup espéraient une Palme d'or - aurait démontré un désir d'assumer des choix forts et évocateurs. Personne ne souhaite un Festival de Cannes mené par la controverse et l'amour du risque absurde, mais l'évidence d'un palmarès consensuel confortera tous ceux qui voyaient déjà dans cet événement la réunion d'une certaine famille de cinéma. Les autres, quant à eux, se précipiteront dans les salles pour voir Amour, qui n'a certainement pas volé sa Palme.

Geoffrey Crété

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