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César 2012 : Mathieu Kassovitz l'enragé vient rire au nez du cinéma français

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Au milieu d'une cérémonie des César sans étincelles menée par The Artist et Omar Sy, Antoine de Caunes mimait la surprise devant le nom du prochain présentateur appelé sur scène. Car après avoir ouvertement et violemment exprimé son mépris pour la grande famille du cinéma français, Mathieu Kassovitz venait remettre le César de la meilleure photographie - et avec le sourire.

Plus encore que le numéro musical en ouverture et la ridicule prestation de Mathilde Seigner, c'est cette drôle de séquence qui a marqué la soirée. Il y a un mois, Mathieu Kassovitz hurlait sa rage sur Twitter après avoir appris que L'Ordre et la morale, son dernier film qui s'est soldé par un échec en salles, était seulement nommé comme meilleure adaptation. Parmi la pléthore de commentaires haineux, une phrase restait dans les annales : "J'enc*** le cinéma français."

Devenu culte en quelques semaines, cette déclaration de guerre provoquait un nombre incalculable de papiers dans la presse, tous plus ou moins dirigés vers la personnalité sanguine du réalisateur de La Haine. Embarqué dans la promotion de La Vie d'une autre de Sylvie Testud, l'acteur Kassovitz revenait sur ses déclarations : "On travaille dans des tout petits groupes, on retrouve les mêmes acteurs dans les mêmes films faits par des copains... Je trouve que cette partouze artistico-commerciale n'est pas excitante. Et j'en suis extrêmement malheureux." Particulièrement déçu par l'absence de reconnaissance professionnelle autour de son film, le réalisateur semblait s'être mis à dos l'entité "cinéma français" à force de propos acerbes et d'attaques virulentes contre le système en entier.

Néanmoins, sa présence sur la scène des César posait de véritables questions. La bouche en coeur et le costume impeccable, Mathieu Kassovitz se présentait devant tous ses ennemis, armé de quelques boutades. Ainsi, quand Antoine de Caunes lui explique être "ravi" mais "surpris" de le voir, l'enfant terrible rétorque fièrement : "Je suis venu honorer ma promesse. Je suis un homme d'honneur." Un petit sourire en coin, il semble vouloir s'amuser de son comportement tout en laissant planer le doute quant à sa pensée profonde.

Histoire de brouiller les cartes un peu plus encore, Mathieu Kassovitz revenait une énième fois partager son avis sur les César via le site de débat Newsring, quelques heures seulement avant de se rendre à la cérémonie. Sur cette plate-forme de discussion, le réalisateur explique : "Ce n'est pas à moi de dire qui est un bon réalisateur ou pas, par contre ce qui me casse les couilles c'est le manque d'ouverture des César. C'est pour ça que j'ai poussé ma gueulante, si c'était pas mon film j'aurais poussé ma gueulante de la même façon (...) Je défends un cinéma qui n'est pas représenté par les César et je trouve ça pas seulement dommage mais scandaleux."

Loin de descendre sans raison les succès de l'année mais très attaché à sa vision du cinéma, il déplore la qualité "téléfilm" d'Intouchables et Polisse, entre autres choses : "J'aurais applaudi Polisse des deux mains s'il y avait pas de star dans le casting, si on l'avait joué réaliste sans star de la comédie ou du rap (...) Polisse tu fais une affiche normale tu fais pas deux millions d'entrées (...) Mais les gens ne vont pas aller voter pour des gens qu'ils ne connaissent pas ou alors ils votent pour des gens qui ont fait 2 millions d'entrées. Si on n'avait pas fait 2 millions d'entrées avec La Haine on n'aurait jamais eu de César."

Mathieu Kassovitz évoque des sentiments contradictoires. Immature dans la forme, il se révèle chaque fois plus précis dans le fond. En l'occurrence, il déplore un palmarès très populaire - mais loin d'être méprisable - alors que "les César [sont] là pour dire 'Le public a raison mais il y a aussi autre chose que ces grosses machines qui vous ont plu'".

Parmi les victimes, il note l'absence de Donoma, le petit phénomène tourné pour seulement 150 € par Djinn Carrenard : "Ils ont fait un truc de dingue et ils sont pas reconnus, c'est malheureux." Avant lui, plusieurs critiques s'était étonnés de l'absence de Tomboy, le deuxième film de Céline Sciamma (Naissance des pieuvres), Hors Satan de Bruno Dumont, Les bien-aimés de Christophe Honoré ou encore Un amour de jeunesse de Mia Hansen-Love. De son côté, L'Apollonide - Souvenirs de la maison close a récolté huit nominations mais ni dans comme meilleur film ni comme meilleur réalisateur - un mystère encore irrésolu.

En attendant, Mathieu Kassovitz reste bon joueur et n'hésite pas à saluer ses collègues oscarisés : "Je suis jaloux mais heureux. Félicitations michelhazanavicius. Fan depuis le grand détournement."

L'Ordre et la Morale sortira en DVD le 18 avril.

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