Incontournable figure du paysage intellectuel français, Bernard-Henri Lévy est un homme aux mille vies. Écrivain, philosophe, réalisateur et homme d’influence, celui que l'on surnomme BHL a marqué les esprits dès 1977 avec son essai coup de poing La Barbarie à visage humain. Aujourd'hui, l'auteur de près de 80 ans revient sur le devant de la scène littéraire avec la parution d'un imposant volume de près de 900 pages : Mémoires provisoires. “Provisoires” car comme l'a confié l'intellectuel dans une longue interview accordée à ELLE : “Pour éviter faire de la peine à ma femme et à ma fille. Elles étaient si inquiètes de me voir écrire mes Mémoires, ce que l'on fait généralement dans la dernière partie de sa vie. Alors, je leur ai concédé "provisoires". Et il me semble que ça les a, un peu, rassurées”.
Père de la romancière Justine Lévy, née de sa première union avec la comédienne Isabelle Doutreluigne, et du réalisateur Antonin Lévy, né de ses amours avec Sylvie Bouscasse, le penseur aborde la vie sous l'angle du roman et du sentiment. Car si sa carrière est jalonnée de voyages et d'engagements politiques, c'est bien l'amour qui demeure le véritable fil conducteur de son aventure personnelle !
Dans les colonnes de ELLE, l'écrivain ne cache rien de sa fascination pour celle qui partage sa vie depuis plus de trente ans : l'actrice et chanteuse Arielle Dombasle. Interrogé sur ce qui l'a séduit chez la star, Bernard Henri-Lévy répond avec une spontanéité déconcertante : “Tout. Cette certitude rare qu'on est face à la femme de sa vie”. Le philosophe se remémore d’ailleurs leur tout premier croisement lors d'une séance de dédicaces de La Barbarie à visage humain, où il a instantanément pressenti que cette rencontre transformerait son destin. Et il ne s'était pas trompé !
C'est lors d'une projection de cinéma, alors qu'Arielle Dombasle était accompagnée du réalisateur François Truffaut, que tout a véritablement basculé : “Elle a feint de trébucher pour que je la rattrape, provoquant à la fois la fureur de la femme qui m'accompagnait et la jalousie de Truffaut. Nous nous sommes encore revus, plus tard, devant la Scala de Milan. Et là, enfin, on ne s'est plus quittés”. Une passion dévorante qui les a poussés à braver les contraintes de l'époque, alors qu'ils étaient tous les deux mariés. Bernard Henri-Lévy évoque notamment avec amusement une scène folle survenue en 1984, juste avant l'un de leurs rendez-vous clandestins. Alors qu'il était en plein discours face à des dizaines de journalistes, la diva est apparue dans la salle : “Elle s'avance vers moi alors que je suis en plein discours. Elle est magnifique, gracieuse, irrésistible. J'ai l'impression que rien ne l'arrêtera et qu'elle va venir m'embrasser, là, comme ça, devant l'assistance. Heureusement, elle finit tout de même par s'arrêter. S'assied pile au pied de la tribune. Et sa photo fera une pleine page dans "Le Nouvel Observateur". En ouvrant son journal, son mari n'aura besoin ni de questions ni d'explications”. Le plus beau dans tout ça ? Plus de trente ans après leur mariage célébré à Saint-Paul-de-Vence en 1993, la magie opère toujours autant : “Arielle est si romanesque, elle a une telle capacité d'émerveillement et de joie, un tel enthousiasme de la vie que j'ai, chaque jour, le sentiment de l'avoir rencontrée la veille”. Une histoire comme tant rêve de vivre !