Il y a douze ans, Enrico Macias parlait avec des mots émus d'un combat judiciaire et financier pour garder sa villa tropézienne auprès du Parisien : "Ma femme Suzy était malade depuis cinquante ans. Mais quand même, ces énormes soucis ont contribué à sa disparition en 2008. Moi, je n'ai pas écrit une chanson depuis tout ce temps-là. Je n'avais plus aucune inspiration pour créer, mais j'ai continué ma carrière, tant bien que mal." La guerre est désormais terminée et il l'a perdue. Le chanteur a dû se résoudre à vendre sa sublime villa du Golfe de Saint-Tropez pour régler une dette de 30 millions d'euros.
Enrico Macias s'était en effet offert la villa "L'Accadia", située sur les hauteurs à l'entrée du golfe de Saint-Tropez, en 1973. Il y a passé plus de quarante ans de souvenirs précieux aux côtés de son épouse Suzy (décédée en 2008), de ses enfants, petits-enfants et d'amis artistes tels que Charles Aznavour ou Gilbert Bécaud. Lors de la crise financière de 2008, la banque Landsbanki qui lui a prêté de l'argent s'est effondrée. Ses placements s'étant effondrés, les liquidateurs de la banque ont exigé d'Enrico Macias le remboursement intégral de la somme globale prêtée, sous peine de saisir sa propriété.
Pendant près de vingt ans, le chanteur s'est battu devant les tribunaux, dénonçant une escroquerie financière et affirmant ne pas être un expert de la finance. La justice a finalement tranché en sa défaveur en 2025, estimant qu'il était un "investisseur averti" et relaxant les dirigeants de la banque, comme le relate La Tribune dimanche dans son dossier de l'été paru le 23 août 2026. Pour mettre fin au litige et éponger sa dette de plus de 30 millions d'euros auprès des liquidateurs de la banque, Enrico Macias a donc été contraint l'an dernier de vendre sa demeure familiale tropézienne.
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Si Saint-Tropez est immédiatement associée à l'univers du luxe, des réceptions et des yachts, la résidence d'Enrico Macias s'inscrit dans un tout autre registre. Située sur les hauteurs du chemin du Capon, sa propriété "L'Accadia" constitue avant tout un havre familial, au cœur d'un domaine végétal méditerranéen de près d'un hectare. Véritable fil conducteur de la vie de l'artiste depuis des décennies, cette villa a abrité d'innombrables estivages aux côtés de sa femme Suzy et leur progéniture. Considérée par le chanteur comme sa véritable "boîte à souvenirs", cette demeure revêt une dimension affective considérable. À l'écart du tumulte et des représentations mondaines de la côte, Enrico Macias y privilégie la quiétude, la sobriété et la proximité avec la population locale.
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C'est lors de vacances à Fréjus en 1965 qu'Enrico Macias a découvert Saint-Tropez et a eu un coup de cœur pour la région après une journée à la plage de la Bouillabaisse. Séduit par le cadre, il a immédiatement versé un acompte de 50 000 francs pour acquérir un vaste terrain dans le quartier du Capon, ayant appartenu à la famille Peugeot. Il y a fait bâtir sa propriété, achevée en 1974 et baptisée "L'Accadia" — un mot signifiant "accueil" et choisi en hommage à un hôtel où sa famille avait l'habitude de séjourner.
Désormais, il ne lui reste plus que des souvenirs. "C’est un accord où tout le monde a fait des efforts, explique son avocat. C’est une triste affaire qui se termine. M. Macias a perdu sa maison. Il est amer, mais beaucoup plus tranquille," rapporte son avocat selon La Tribune dimanche. Comme il le chantait dans Aux talons de ses souliers, "on emporte un peu sa ville aux talons de ses souliers, quand pour vivre plus tranquille on doit tout abandonner".