Fils d’Albert II de Monaco et de la princesse Charlène, le prince Jacques de Monaco a vu le jour le 10 décembre 2014 en même temps que sa sœur jumelle, la princesse Gabriella. Enfin, pas réellement au même moment… puisque les jumeaux n’ont pas poussé leurs premiers cris à l’unisson.
En effet, Jacques de Monaco est né à 17 h 06, soit deux minutes après sa sœur Gabriella, arrivée donc en première au creux des bras de ses parents. Deux naissances survenues au centre hospitalier Princesse-Grace. Selon la logique, le garçon désormais âgé de 11 ans devrait être considéré comme le cadet de la célèbre famille monégasque. Pourtant, aux yeux de la principauté de Monaco, Jacques de Monaco a été désigné premier dans l’ordre successoral, devant sa "grande" soeur. Explications.
Jacques de Monaco : pourquoi le prince, né juste après sa jumelle Gabriella, est-il premier dans l’ordre successoral ?
Pour éclaircir les choses, Bertrand Meyer-Stabley, journaliste et auteur de plusieurs ouvrages sur la famille de Monaco, dont La Véritable Grace de Monaco aux éditions Pygmalion, s'est entretenu avec nous. Pour Purepeople, il a accepté d'expliquer plus en détails cette règle de succession appelée la primogéniture à préférence masculine, donnant la priorité du trône au premier héritier mâle, même s'il n'est pas réellement l'aîné de la fratrie.
"C'est une vieille tradition. L'héritier du trône reste le premier mâle de la famille. Ça ne me choque pas vraiment, ça a toujours été comme ça", nous précise tout d'abord Bertrand Meyer-Stabley, avant de nuancer : "Bien sûr, on peut considérer que c'est un peu poussiéreux comme manière de procéder... Mais, vous savez, Monaco, par essence, est un endroit encore très conservateur. Un état où l'avortement est interdit... Le poids de l'Église y est encore très présent."
© Instagram, palaisprincierdemonaco
Avec cette règle, les femmes ne peuvent hériter du rôle de souverain que s'il n'y a pas ou plus d'héritier masculin vivant. A Monaco, il y a bien eu la princesse Antoinette de Monaco pour tenter d'usurper la couronne à son frère cadet, le prince souverain Rainier III de Monaco et époux de l'actrice américaine Grace Kelly, mais sans succès. "Le prince Rainier III était beaucoup plus jeune que sa soeur et c'est pourtant lui qui est monté sur le trône. Elle a manœuvré un moment pour essayer de lui reprendre... Mais l'histoire est faite ainsi, de ces rivalités entre frère et soeur dans les royautés et les monarchies", rappelle Bertrand Meyer-Stabley.
L'auteur et journaliste ajoute que plusieurs pays ont décidé de faire fi de cette tradition en faveur du premier mâle des fratries. La princesse Elisabeth de Belgique sera ainsi la future reine, la princesse héritière Catharina-Amalia des Pays-Bas le deviendra également, tout comme la princesse Leonor d'Espagne et la princesse Victoria de Suède. Un progressisme que commente l'expert en familles royales : "On va arriver à une Europe des Reines ! C'est une évolution dans l'ordre de succession... Après, pour revenir à Monaco, les médias voulaient absolument à une époque que Caroline de Monaco prenne le trône à son frère Albert mais c'était de l'ordre du fantasme".
Par ailleurs, au Palais princier de Monaco, bien moins ouvert au changement que ses voisins européens, l'héritier doit également être issu d'une union reconnue par l'Église. Un détail permettant de bloquer la succession prioritaire aux enfants nés hors union, tels la fille et le fils illégitimes d'Albert II de Monaco : Jazmin Grace Grimaldi et Alexandre Coste Grimaldi.
Si, de nos jours, être nommé souverain reste avant tout affaires de représentation, le prince Jacques de Monaco ne sera pas élevé totalement comme sa soeur Gabriella. Bertrand Meyer-Stabley détaille les différences qui vont se jouer dans l'éducation et les activités des jumeaux : "Il aura un destin tout à fait différent de sa soeur. Déjà, Jacques devra avoir une éducation militaire et il sera probablement envoyé à sa majorité, après le bac, dans une université américaine comme l'avait fait son père. Albert avait fait des stages dans des banques à New-York et son service militaire en partie dans la marine française sur le porte-hélicoptères Jeanne d'Arc."
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Dans la mesure où elle ne sera pas princesse souveraine, Gabriella de Monaco ne sera, quant à elle, pas obligée d'avoir un bagage universitaire et de recevoir une éducation de "futur chef d'état". Elle pourra mener la carrière qu'elle souhaite, même artistique : peinture ou chanson, à l'instar de sa tante Stéphanie de Monaco et son tube Ouragan. La princesse ne sera pas non plus obligatoirement tenue à se marier, ni à engendrer des héritiers.
"Le poids n'est pas le même sur les épaules d'un des deux enfants, forcément l'attente sera plus grande du côté de Jacques", nous assure Bertrand Meyer-Stabley avant de poursuivre : "Bien sûr, Gabriella pourra jouer la carte de la princesse. À Monaco, il y a tellement de manifestations qu'on peut imaginer qu'ils se répartiront les rôles, elle pourra être présidente de la croix rouge monégasque, par exemple. Chacun des jumeaux aura son petit bataillon d'associations. Gabriella fera surtout ce qu'elle veut... Jacques, par contre, on va attendre de lui qu'il voyage beaucoup, qu'il parle français, anglais, italien et d'autres langues. Il aura une éducation pluri disciplinaire, de par ses obligations futures, en particulier en matière de géopolitique".
Un sacré programme et déjà de lourdes attentes se profilent pour Jacques de Monaco. Souhaitons-lui de profiter au maximum des jeux d'enfants avant de faire son entrée dans la cour des grands.
Propos exclusifs ne pouvant être repris sans la mention Purepeople
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