Charlotte Gainsbourg fait partie de ces comédiennes qui ont grandi avec les Françaises et revient dans un rôle emblématique : celui de l'avocate Gisèle Halimi dans L'Affaire Marie-Claire, actuellement au cinéma. Fille d'un duo d'icônes formé par Jane Birkin et Serge Gainsbourg, elle a marqué toute une génération en incarnant, adolescente, le premier rôle de L'Effrontée de Claude Miller. Quarante ans plus tard, son aura est intact et a même grandi. Entre temps, elle s'est forgée de solides carrières au cinéma comme dans la musique, faisant honneur à son héritage puissant tout en inscrivant sa propre patte avec sa voix chuchotante. Parallèlement, elle a fondé une famille nombreuses composée de Ben, Alice et Jo, née de son couple avec l'acteur-réalisateur Yvan Attal.
Sur le papier, comme celui des magazines dont elle fait souvent la couverture, tout cela est brillant. Cela va de pair avec des douleurs, immenses : la perte de son père en 1991, celle de sa soeur Kate Barry - dont le père est le compositeur John Barry - en 2013, puis sa mère, en 2023. Des chocs qui l'ont entraînée à quitter Paris, sa ville tant aimée et qu'elle représente avec élégance depuis quatre décennies. Dans Madame Figaro, elle est revenue sur son départ, qui l'a menée vers la capitale londonienne.
C'est sur un coup de tête que la fondatrice de la Maison Gainsbourg est venue s'installée à Londres, après avoir aussi fait un séjour de six ans il y a quelques années à New York : "Ce choix vient de ma fille. Sans entrer dans les détails, cʼest elle qui a eu envie de changer de ville. Je nʼétais plus bien à Paris. Depuis la mort de ma mère, il est devenu compliqué pour moi de rester dans les mêmes murs, le même décor. Je nʼy arrivais pas. Donc je suis partie à Londres, où je ressens quelque chose de très familier, de très personnel. Il y a une identité que je retrouve et que je mʼapproprie. Jʼai la sensation que ma mère est partout."
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Pour poser ses bagages, celle qui a fait une superbe apparition au British Museum Ball avec son compagnon Yvan Attal a choisi un quartier dans l'Ouest de la ville, là où vivait son oncle : "Petite, je passais mon temps chez lui ou chez ma grand-mère." On ne saura pas où exactement où dans l’Ouest londonien. Ce que l'on peut dire, c'est que l'endroit offre une transition idéale en alliant l'art de vivre citadin à une rare sensation d'espace. De Marylebone à Chelsea, on retrouve l’esprit de village piétonnier, les terrasses de café, les galeries et les librairies indépendantes chères à la rive gauche, sublimées par une architecture historique raffinée. Notting Hill apporte une touche bohème et créative familière, tandis que Holland Park, Chiswick et Richmond offrent un luxe rare : d'immenses poumons verts, des parcs sauvages et la douceur des bords de Tamise, garantissant une respiration champêtre sans renoncer au dynamisme urbain.
Dans cet environnement anglais, Charlotte Gainsbourg peut savourer la politesse des gens, une qualité qu'elle décrit comme rare dans son vécu : "Jʼavais oublié que ça existait. Quand je suis partie à New York, en 2014 [quelques mois après la mort de sa sœur Kate Barry, NDLR], je me suis dit que cʼétait fou de voir autant de bonne humeur dans la rue. Elle est parfois fausse, mais autant avoir de la fausse bonne humeur que de la vraie mauvaise humeur. En Angleterre, les gens sont réellement avenants. Un peu à lʼancienne, ce qui me plaît beaucoup, car jʼai été élevée comme ça, avec un devoir de politesse. Ce sont des repères que je trouve très importants." Des codes qu'elle transmet à sa propre fille et musicienne, Alice, 24 ans, puisqu'elle s'est aussi installée dans la capitale britannique où sa maman est née il y a 55 ans.