Ce mercredi 28 octobre 2026, Isabelle Giordano souffle sa 63ème bougie. Visage et voix bien connus des Français, elle fut co-présentatrice de l'émission Bouillon de culture avec Bernard Pivot sur Antenne 2, puis érigée "Madame cinéma" de la chaîne Canal+ durant plus de quinze années avec Le journal du cinéma et des interventions remarquées dans les éditions cannoises de Nulle Part Ailleurs. Les téléspectateurs ont, en outre, pu la voir sur France 3 aux manettes du programme Le Fabuleux Destin de..., de retour sur France 2 avec Jour de fête et sur Arte avec Paris-Berlin, le débat.
Les auditeurs réguliers de France Inter et d'Europe 1 n'ont également pas pu passer à côté de cette figure du journalisme culturel de la fin des années 1990 à 2012, ni d'ailleurs les lecteurs du magazine Femme actuelle, où elle a tenu la rubrique septième art. Mais pour celle qui a foulé les bancs de l'Institut d'études politiques de Paris, auprès de camarades de promo de Science-Po tels que Frédéric Beigbeder, Anne Roumanoff et David Pujadas, l'aventure télévisuelle, radiophonique et en presse écrite a finalement pris fin pour laisser place à de nouvelles responsabilités. Aujourd'hui, Isabelle Giordano oeuvre pour une grande banque française, sans pour autant délaisser son amour du cinéma.
Sa reconversion professionnelle, Isabelle Giordano l'avait déjà entamée en 2006, en fondant son association "Cinéma pour tous", qui organise des projections de films pour des adolescents des quartiers défavorisés, puis en acceptant d'endosser la casquette de Directrice générale de l'organisme UniFrance, en charge de la promotion du cinéma et de l'audiovisuel français dans le monde. "J'ai été heureuse d'avoir réussi à accompagner UniFrance dans son virage numérique et face aux nouveaux enjeux de diffusion et de distribution, et j'entends poursuivre à l'avenir mon engagement au service du cinéma français" précisait-elle en 2019 sur France Info.
Loin des prompteurs et autres caméras ou micros, Isabelle Giordano sent qu'elle peut servir la culture française autrement. Pour celle qui est tombée dans la marmite enfant devant le long-métrage Disney, Le livre de la jungle, promouvoir et aider la création sous toutes ses formes passe aussi et surtout par le soutien financier. C'est ainsi qu'elle rejoint le 1er janvier 2021 le Groupe BNP Paribas, en tant que responsable du mécénat de la banque et déléguée générale de sa Fondation.
© Instagram, giordanoisabelle
"Après la crise du covid et maintenant la guerre en Ukraine, dans un contexte général d'incertitudes, de crise de la démocratie et de montée des extrémismes, être dans une fondation est un moyen d’agir sur la société et d’avoir un impact réel. J’ai l'impression d’être au bon endroit, au bon moment. C’est aussi la suite de mon engagement de longue date dans le secteur associatif. J’ai toujours eu un parcours engagé, en tant que journaliste, citoyenne ou même parent. C’est dans la continuité de tout ce que j'ai pu faire auparavant y compris dans les émissions de cinéma, où il s’agissait d’alerter, d'informer et réfléchir. Avec le mécénat, j’ajoute une dimension d’impact et d’action qui me semble primordiale aujourd'hui" expliquait-elle dans une interview à Carenews en 2022, au sujet de ses nouvelles fonctions.
Le rôle d'Isabelle Giordano pour le Groupe BNP Paribas consiste à travailler au carrefour de différents secteurs et acteurs, afin d'apporter des financements à des associations et des innovations sociales. "Je représente une Fondation qui peut contribuer à financer celles et ceux qui agissent sur le terrain. Une fondation permet de donner des moyens à des associations, à des artistes ou à des chercheurs et d’agir très concrètement (...) Les financements publics et privés doivent être complémentaires. L’objectif n’est surtout pas de remplacer l’État, mais de travailler avec lui. La philanthropie intervient souvent là où les dispositifs publics atteignent leurs limites. Le mentorat ou le soutien scolaire illustrent cette logique de coopération entre associations et pouvoirs publics" développait-elle dans un entretien accordé au Time France en juillet 2026.
"Nous soutenons aussi des causes éloignées de notre activité bancaire : l’égalité des chances, le mentorat, la culture ou la recherche (...) L’essentiel est de retrouver une capacité collective à surmonter les périodes difficiles. Mon souhait est que nous ayons contribué à redonner un espoir collectif" affirmait-elle enfin, toujours à Time France. Avec la Fondation BNP Paribas, elle s'occupe notamment du Projet Banlieues, qui lutte contre les inégalités dans les quartiers populaires et du projet Résidence Pro 2026, qui offre à des élèves de lycées professionnels l'opportunité de se rendre à la Villa Médicis à Rome.
La banque BNP Paribas octroie chaque année un budget entre 15 et 19 millions d'euros à la philanthropie via sa Fondation. "Après avoir beaucoup pris la parole, j’apprécie d’être dans l’ombre et d’agir" assurait Isabelle Giordano au Parisien en octobre 2024. La page du journalisme semble bel et bien tournée pour celle qui a également écrit de nombreux ouvrages et été Présidente en 2019 du comité stratégique pour le Pass Culture, en lien avec le ministère.