La ville de Trappes a récemment été au coeur de l'actualité pour une triste raison. Le 23 octobre, un attentat terroriste est survenu, faisant une victime : Pengo Bossio Wangi. "Je suis profondément bouleversé par l’horreur qui a frappé la ville de mon enfance, Trappes. Mes pensées vont d’abord à la personne qui a perdu la vie, à sa famille, aux blessés, à cette petite fille, aux proches et à tous ceux qui vivent cette terrible épreuve. À tous les Trappistes, à toutes les familles touchées, je suis de tout cœur avec vous", avait alors réagi Jamel Debouze sur les réseaux sociaux. Originaire de Trappes tout comme Omar Sy, Nicolas Anelka ou Shy'm, le comédien et humoriste est né à Paris dans le Xe arrondissment mais s'était installé dans la ville des Yvelines en 1989 avec ses parents et ses frères et ses soeurs.
Un chapitre de sa vie sur lequel il revient dans Merci pour le non, le livre d'Elisa Tovati récemment publié aux éditions du Rocher. "Dans ce livre, Elisa Tovati part à la rencontre de celles et ceux qui ont vu une porte se fermer avant de trouver leur propre chemin. Artistes, sportifs, écrivains, chefs cuisiniers, entrepreneurs ou personnalités publiques racontent le moment où tout a vacillé", peut-on lire sur la quatrième de couverture. La comédienne, chanteuse et autrice s'est ainsi entretenue avec Jamel Debbouze qui lui a raconté son parcours si singulier.
Au cours de cet entretien, Jamel Debbouze n'est pas seulement revenu sur l'accident dont il a été victime et qui lui a fait perdre l'usage de sa main droite, il s'est également revenu sur sa vie à Trappes avec sa famille. Alors qu'Elisa Tovati lui demande : "Tu avais conscience, petit, que tu partais avec moins de chances que les autres ?", l'époux de Mélissa Theuriau et papa de Léon et Lila répond : "Non. Franchement non. Je ne l’ai pas vu. La grande chance que j’ai eue, c’est que je ne me suis
pas rendu compte de la misère dans laquelle j’étais. Grâce à mes parents."
Après avoir vécu à Barbès, la famille s'installe à Trappes... "Ils se sont saignés pour qu’on puisse avoir tout ce dont on avait besoin. Évidemment, on vivait à Trappes, mais on était dans un pavillon. Même si les murs étaient fins, ça restait une maison, avec un petit bout de jardin. On n’était pas dans les barres. On les voyait, on traînait avec les gens, mais on n’était pas dedans. Et surtout, ils ont tout fait pour qu’on ne ressente pas le manque. Donc moi, je n’ai pas remarqué qu’on était miséreux, alors qu’on l’était."
Bien qu'heureux dans cette maison, Jamel Debbouze n'avait pas bien vécu de quitter Barbès... "J’étais dégoûté d’avoir quitté Barbès. Barbès, c’était extraordinaire. J’ai vécu des choses incroyables là-bas, avec ma famille. C’est les neuf premières années de ma vie quand même. Ça compte. Plein de bruit, plein de vie, plein d’énergie. Et ce plein, ça rendait la vie plus facile. Quand je suis arrivé à Trappes, je n’étais pas bien. Pas à l’aise."
Mais ce n'est pas seul que le jeune Jamel est arrivé dans les Yvelines et c'est ce déménagement collectif qui l'a aidé à mieux le vivre : "Les cousins. Heureusement qu’ils étaient là. Ils avaient déménagé en même temps que nous. Et ça, ça change tout. Ça rend les choses plus faciles. Plus douces. Ça passe mieux. Toutefois, j’ai vécu des moments extraordinaires à Trappes. Donc malgré tout, j’ai oublié. Assez vite. Mais mes premières sensations, c’était Barbès. Toujours Barbès."
Jamais Jamel Debbouze n'oubliera d'où il vient...