En septembre 2025, Éric Dupond-Moretti publiait Juré, craché, un livre d'entretiens réalisé avec Marc-Olivier Fogiel dans lequel il revenait sur ses quatre années passées au ministère de la Justice. L'ancien garde des Sceaux y abordait notamment les répercussions de cette expérience politique sur sa vie privée. Le compagnon d'Isabelle Boulay s'était alors livré sur la réaction de la chanteuse québécoise au moment de sa nomination au gouvernement. Des confidences particulièrement personnelles, dans lesquelles il exprimait toute sa reconnaissance envers celle qui partage sa vie.
Éric Dupond-Moretti a beau avoir quitté le ministère de la Justice en septembre 2024, ses années au gouvernement restent une période importante de son parcours. Nommé par Emmanuel Macron en juillet 2020, l'ancien avocat pénaliste aura finalement passé "4 ans, 2 mois et 17 jours" place Vendôme. Une expérience qu'il a racontée dans Juré, craché, publié aux éditions Michel Lafon en septembre 2025 et écrit avec Marc-Olivier Fogiel.
Dans des extraits dévoilés en exclusivité par Paris Match le 24 septembre 2025, l'ancien ministre abordait notamment les conséquences de cette nomination sur son quotidien et celui de sa compagne, Isabelle Boulay. Car si le couple est particulièrement discret sur son intimité, Éric Dupond-Moretti avait déjà confirmé leur pacs en 2021. Invité de Thomas Sotto dans l'émission Hors Piste sur France Inter, il avait alors déclaré : "Nous sommes pacsés, si vous voulez tout savoir (...) Vous allez très loin, on arrive à la limite de la piste, là !"
L'arrivée de l'avocat au gouvernement a toutefois représenté un véritable changement dans leur vie à deux. La chanteuse québécoise, très attachée à sa carrière artistique, n'aurait pas accueilli cette perspective avec un enthousiasme débordant. Une réaction que son compagnon n'a jamais cherché à minimiser dans son ouvrage.
"Je sens bien qu’elle n’est pas dans un enthousiasme débordant à l’idée que notre vie soit ainsi chamboulée. Mais elle sait que j’ai toujours respecté sa carrière artistique, et, en retour, elle respecte mon choix, ce dont je lui serai éternellement reconnaissant (...)", confiait-il.
Éric Dupond-Moretti racontait également le sentiment de vertige qui l'avait envahi au moment de découvrir les responsabilités qui l'attendaient. Habitué aux salles d'audience, il devait désormais apprendre à diriger un ministère et à constituer une équipe. "Je me demande : 'Pourquoi moi ? Vais-je y arriver ? Comment vais-je mettre en œuvre ce que j’ai dit au président de la République et au Premier ministre ? Je ne sais pas ce qu’est une direction, je ne sais pas comment on constitue un cabinet'. Tout est à construire, et c’est vertigineux ! Je suis saisi par la panique mais je n’ai pas le temps de réfléchir (…)", racontait-il.
Durant son passage au gouvernement, l'ancien garde des Sceaux a également dû composer avec une attention médiatique importante autour de sa situation financière. Son patrimoine, particulièrement commenté au moment de sa nomination, avait suscité de nombreuses réactions. Un épisode qu'il évoque sans détour dans Juré, craché, regrettant la place accordée à ce sujet dans l'actualité.
"Ce voyeurisme médiatique autour de mon patrimoine est indigne et s’inscrit dans un panurgisme journalistique où chacun se sent obligé de participer, même ceux qui n’y tiennent pas particulièrement (...)", regrettait-il.
L'avocat pénaliste profitait également de cet ouvrage pour revenir sur sa rémunération en tant que ministre. S'il reconnaissait que certains Français percevaient des revenus bien moins importants, il estimait nécessaire de mettre son salaire en perspective avec la charge de travail imposée par ses fonctions.
"Et puisque l’on parle d’argent, un ministre gagne 6 800 euros net, impôts payés et, si j’ai bien conscience qu’il y a pire salaire, il faut rapporter cette somme au volume de travail. J’ai calculé 432 heures de travail par mois, soit un taux horaire de 15,70 euros, chacun jugera."
Enfin, Éric Dupond-Moretti revenait sur sa fidélité à Emmanuel Macron, alors que plusieurs personnalités de la majorité avaient pris leurs distances avec le président de la République. Une attitude qui ne manque pas de l'agacer.
"À deux ans de la fin de son second mandat, je vois des rats quitter le navire, oubliant même, pour certains d’entre eux, qu’ils doivent tout à Emmanuel Macron", déclarait-il.
Marc-Olivier Fogiel lui demandait alors s'il referait le même choix, quatre ans après avoir accepté de rejoindre le gouvernement et associé son image à celle du chef de l'État. "Quatre ans après, le fait de l’avoir suivi, lui et ce qu’il représentait, d’avoir associé votre image à la sienne, vous recommenceriez ?" Une question à laquelle Éric Dupond-Moretti répondait sans hésitation : "Oui ! Même si, bien sûr, tout n’a pas été parfait."