Dans cet ouvrage intime, Nadine Trintignant choisit de ne pas s’attarder sur la mort, mais plutôt sur les souvenirs heureux. Elle convoque ses proches disparus autour d’une table, sur un plateau de cinéma ou encore pendant des vacances, comme pour les faire exister à nouveau le temps de quelques pages. Parmi eux, Marie Trintignant, née en 1962, est morte à 40 ans, tuée par son compagnon de l’époque, Bertrand Cantat. La maman refuse cependant de revenir sur le jour de sa disparition, “je ne veux pas en parler. De ma fille je me souviens de l’enfant, puis de la femme, de son intelligence, de son humour, de sa beauté et notre proximité”, confie-t-elle au Parisien dans le numéro publié ce lundi 5 octobre. Celle qui se faisait tendrement appeler “Mamoune” préfère ainsi garder en mémoire la petite fille “curieuse, posant mille questions, y compris les plus embarrassantes”, puis la femme qu’elle est devenue.
Avant ce terrible drame, Nadine Trintignant avait déjà connu une perte qui avait bouleversé toute son existence. En 1970, alors que Marie avait huit ans, sa petite sœur Pauline est morte à seulement neuf mois, des suites d’une asphyxie liée à une régurgitation de lait. Un premier deuil qui a profondément marqué le couple qu’elle formait alors avec Jean-Louis Trintignant... Quelques années plus tard, Nadine Trintignant transformera cette douleur en film avec Ça n’arrive qu’aux autres, dans lequel elle raconte le bouleversement d’un couple confronté à la mort de son bébé. La naissance de Vincent, en 1973, apporte ensuite une nouvelle joie à la famille, même si le couple finit par se séparer…
Aujourd’hui, Nadine Trintignant puise aussi sa force auprès de ceux qui sont toujours là. Son fils Vincent, mais aussi ses cinq petits-enfants occupent une place précieuse dans sa vie. Parmi eux, les quatre fils de Marie, Roman Kolinka, né en 1986 de sa relation avec Richard Kolinka, Paul Cluzet, né en 1993 de son histoire avec François Cluzet, Léon Othnin-Girard, né en 1996 avec Mathias Othnin-Girard, et Jules Benchetrit, né en 1998 de sa relation avec Samuel Benchetrit. Une famille qui, malgré les absences et les blessures du passé, continue de lui apporter de la joie et de faire vivre le souvenir de sa fille. Et elle le dit elle-même, si elle est encore là, c’est notamment grâce à une arme précieuse : “La seule façon de s’en sortir, c’est l’humour. Ça aide tellement”, assure-t-elle au Parisien. Une manière, peut-être, de continuer à avancer sans oublier ceux qui lui manquent, tout en profitant pleinement de ceux qui sont encore à ses côtés.