Accueil
People France
People UK
People US
Tous les tags
Livenews
Royauté
Beauté
Mode
Cinéma
Golden Globes
Oscars
Festival de Cannes
TV
The Voice
Top Chef
Secret Story
Koh-Lanta
Masterchef
Pékin Express
Qui veut épouser mon fils ?
L'Amour est dans le pré
Télé Réalité
France Télévision
TF1
M6
Canal+
France 2
Miss France
Musique
MTV Music Awards
NRJ Music Awards
Grammy Awards
Justin Bieber
Lady Gaga
Britney Spears
Danse avec les Stars
Photos
Vidéos
Stars
Mariage
Naissances
Enfants de stars
Justice
Divorce
Interviews

Orelsan est 'Raelsan', super-héros fracassant venu régler de vieux comptes !

9 photos
Lancer le diaporama

Un toast à Orelsan. Auto-proclamé super-héros par son look emprunté à Green Lantern, loup mystérieux, sourire ténébreux et mèche beau du personnage de DC Comics, le rappeur de 28 ans règle de vieux comptes et entame un nouveau chapitre avec Raelsan, dont le clip a été publié sur son site flambant neuf. Son retour en son nom propre - un nom sali -, on l'attendait, et il est signé : "Autant faire un salto avant d'échouer au pied du mur." La politique du pire, pour le meilleur. Prise de risque maximale.

Après avoir laissé son flow exploser pour le gimmick - et le clip, ou plutôt l'un des trois clips - de toute une génération en participant à N'importe comment avec Toxic Avenger, après avoir réaffirmé son ouverture d'esprit et de talent au sein de Diversidad, et alors qu'on découvre encore les urgences de sa plume sur l'album de Luce (Nouvelle Star), Orelsan présente Raelsan, son double justicier, son personnage égo-tripé qui a survécu à toutes les balles des polémiques. Raelsan, "fils d'un extraterrestre" et nouveau single qui apporte sur Terre l'album Le Chant des Sirènes, à paraître le 26 septembre 2011, qu'on devine très bien nommé avant même de l'avoir écouté.

"J'voulais tout plaquer..."

Car des sirènes aux succubes, ces démons à l'apparence féminine instillant le désir pour mieux perdre les hommes qu'Orelsan nomme dans le single Raelsan (parmi d'autres références érudites), il n'y a qu'un pas ; du starsystem à l'enfer aussi. Pour certains, il peut même s'agir de synonymes : et le chant des sirènes ressemble bien à ce miroir aux alouettes qui a valu au rappeur caennais d'être conspué et violemment attaqué pour sa chanson Sale Pute tandis que son premier et unique album Perdu d'avance se faisait encenser.

Dans Raelsan justement, Orelsan règle ses comptes après avoir frôlé la mort artistique : "Tourmenté dans une pluie d'questions, rien qu'en un an ça m'a saoulé, j'voulais tout plaquer, quitter l'son, j'ai presque abandonné sans faire ma deuxième livraison..."

Sa mise au pilori pour le texte violent de Sale pute, qu'il a défendu avec aplomb sensé et conscience artistique, il ne l'avait apparemment pas encore digérée, et c'est à la charge du justicier Raelsan de lyncher à son tour, d'expédier au bûcher ces vanités, pour pouvoir, enfin, deux ans plus tard, tourner la page et écrire la suivante. Fond et forme, Raelsan est exemplaire de maîtrise : maîtrise des sentiments ("Sans possession, les sentiments sont plus purs, voilà pourquoi j'écris des chansons d'rupture"), maîtrise des ressentiments ("Merci quand même pour le coup d'pub, merci Les Chiennes de garde pour le coup d'pute"), maîtrise du revenant ("J'habiterais dans les abysses, j'aurais pas plus de pression."), maîtrise d'un flow de plus en plus percutant et d'une écriture de plus en plus essentielle. "J'apprends à contrôler mes sales réflexes, j'me fais jouir avant d'écrire, j'en ai marre de parler d'sexe", pose-t-il en diagnostic créatif.

"Devenir moi-même, dans l'amour, dans la haine, dans la moyenne"

Instantané d'une résurrection, Raelsan assène, dans une écriture mature agitée de punchlines qui fracassent : "J'suis d'retour avec ma sous-culture, ouais, sauf que c'est nous l'futur (...) J'essaie d'prendre du r'cul, j'essaie d'avancer, les gens murmurent, j'ai du mal à m'entendre penser (...) En l'an de grâce MJ+1, la moitié de ma jeunesse est morte le 25 juin. J'continue d'faire du ch'min pour devenir moi-même, dans l'amour, dans la haine, dans la moyenne. J'resterai pas bloqué dans une parodie d'succès, dans une version d'Entourage à p'tit budget (...) La peur n'existe plus dans mon dojo, j'ai retrouvé mon mojo."

Musicalement, Orelsan est sur le fil de la lame : son flow, incisif, varie les rythmes et les intentions ; sa musique, dans le sillage de son featuring avec Toxic Avenger, agit comme une lame de fond, qui roule et grossit, sourde et sombre, implacable.

Le futur de la musique, cette industrie à la mort de laquelle Orelsan porte un toast, se dessine à l'aube d'un épilogue qui achève de régler les comptes : "Si t'as la rage de vaincre, moi j'ai la fureur de perdre : j'prends même plus la peine de répondre à vos clashs de merde [sourire assassin à l'écran, NDLR]. J'prêterai ni mon buzz, ni mon temps ; j'verserai ni ma sueur, ni mon sang. Tu parles de moi pour rien dans tes titres, tu ferais même pas de buzz avec un album antisémite. Merci quand même pour le coup d'pub, merci Les Chiennes de garde pour le coup d'pute. Merci à tous ceux qui m'ont soutenu. Faut qu'on s'offre une nouvelle vie, faut qu'on s'ouvre l'esprit. Faut qu'les pantins coupent les fils." Détail significatif, c'est David Tomaszewski, qui avait mis en images Peur de l'échec, qui réalise le clip de cette renaissance et de cette fureur de perdre, où l'enchaînement stroboscopique de centaines d'images imprime, hypnotique, le regard insondable du justicier.

Et Raelsan de remonter dans sa soucoupe garée en double file.

G.J.

Abonnez-vous à Purepeople sur facebook
×

Téléchargez l'application et recevez les alertes de la rédaction en temps réel