Il serait un euphémisme de dire que le suicide de son fils Diego a provoqué un séisme dans la vie de Lio. Alors que le jeune homme d'à peine 21 ans a disparu en mars 2025 après s'être immolé par le feu, à proximité de l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, en région parisienne, la chanteuse de 63 ans, mère de Nubia (née en 1987), Igor (né en 1988), Esmeralda (née en 1990), Garance (née en 1992), Léa (née en 1995) et Diego (né en 2003), issus de différentes relations dont elle a, pour certaines, choisi de préserver l’anonymat des pères, mène un combat de tous les jours rester debout et ne pas perdre pied après la perte tragique de son fils.
Sa peine l'a menée à de nombreuses réflexions. Et, parfois, à des constations. Invitée de C à vous le 9 mai 2026 pour la promotion de son nouvel album Geoid Party in the Sky, elle a par exemple expliqué avoir compris être atteinte, comme certains de ses enfants, de neurodivergence. "J'ai des enfants neurodivergents. Aujourd'hui je découvre que je suis neurodivergente", a déclaré Lio. Ce terme désigne des fonctionnements du cerveau qui s’écartent de ce que l’on considère comme la norme, comme par exemple l’autisme, le TDAH ou la dyslexie. Il est, de plus en plus, est utilisé pour parler de ces profils non pas comme de troubles à corriger, mais comme des différences de fonctionnement, avec leurs particularités, leurs forces et leurs difficultés au quotidien.
"Mais comme je suis une fille je me suis adaptée", a décrit celle qui avait évoqué son train de vie inattendu après le succès. Elle a parlé de "défenses" qu'elle avait "mises en places", et de troubles, comme l'hyperdyslexie et d'hyperémotivité, qu'elle avait "complètement réussi à maîtriser".
Sauf que la mort de son fils a complètement rebattu les cartes. Tout ce que l'artiste, qui avait évoqué le montant de sa retraite, avait enfoui au fond d'elle pour paraître le plus "adaptée" possible a soudain ressurgi de manière spectaculaire, en même temps que le deuil. "Ça a pété vraiment un câble", a-t-elle ainsi décrit.
Ce qui l'a sauvée ? Après un tel traumatisme, Lio a confié à Mohamed Bouhafsi qu'il ne lui restait qu'une seule possibilité : celle de relativiser. "Heureusement que je m'accepte complètement comme je suis, parce que qu'est-ce-qui peut m'arriver de pire ? Rien !" Cette prise de conscience lui donne une "liberté énorme". "Et pas une liberté vilaine, mauvaise", a-t-elle précisé. Simplement celle de pouvoir agir comme elle l'entend, "de prendre tout ce que je veux, parce que qu'est-ce-que je peux craindre ?" a-t-elle conclu de manière bouleversante.
Dans la même émission, celle qui continue de vivre malgré le manque a révélé les nombreux hommages et clins d'oeils adressés à son fils dans l'album. "Geoid est l’anagramme de Diego", explique-t-elle par exemple, avant d’ajouter : "Et c’est aussi la terre en forme de patate… il adorait l’espace et il est parti in the sky j’espère."
"Je suis triste parce qu’il me manque, mais je suis heureuse", ajoute-t-elle ensuite. Une façon pudique et déchirante de résumer l’état d’esprit dans lequel elle se trouve aujourd’hui. À l'heure actuelle, Lio apprend à continuer à vivre avec le manque, sans pour autant cesser de célébrer Diego, à jamais dans sa chair.
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