Cela fait un moment que la gronde résonne dans l’industrie du septième art et de la musique. En effet, depuis plusieurs mois le mouvement était attendu face à l’émergence de plus en plus concrète de l’intelligence artificielle, il est désormais concret. Face à la capacité de l’IA à reproduire des voix en quelques secondes, Taylor Swift a décidé de passer à l’action. L’artiste américaine, parmi les plus influentes de sa génération, ne veut plus laisser de zone grise autour de son identité sonore.
La fiancée de Travis Kelce a donc entrepris une démarche juridique inédite pour tenter de verrouiller ce qui constitue l’essence même de sa signature artistique : sa voix. Concrètement, la chanteuse a déposé plusieurs demandes auprès de l’United States Patent and Trademark Office (USPTO), l’équivalent américain de l’INPI. Deux extraits audio très spécifiques ont été enregistrés comme empreintes sonores. Dans ces enregistrements, on entend la star prononcer "Hey, it’s Taylor", une phrase simple, mais immédiatement reconnaissable, ainsi que l’annonce de la sortie de son album The Life of a Showgirl.
Une manière de protéger non seulement un timbre, mais aussi une intonation, un style, une identité. Au-delà de la voix, une image de l’artiste sur scène a également été intégrée à ses dépôts. Une façon de protéger l’ensemble de son univers, visuel et sonore. Cette stratégie ne repose pas sur le droit d’auteur classique, mais sur celui des marques et de la propriété intellectuelle. L’objectif est tout simplement d’empêcher qu’un outil d’intelligence artificielle puisse générer une voix trop proche de la sienne sans autorisation. Car aujourd’hui, la technologie permet de recréer une voix à partir de quelques secondes d’enregistrement seulement, un progrès spectaculaire… mais aussi une source d’inquiétude majeure pour les artistes.
Taylor Swift n’en est pas à sa première alerte. En 2024, elle avait déjà réagi à la diffusion d’une fausse image d’elle utilisée dans un contexte politique par Donald Trump. À l’époque, elle avait confié : "Cela a avivé mes craintes liées à l’IA et au danger de la désinformation". Aujourd’hui, la chanteuse est passée à l’action. Avec cette initiative, Taylor Swift ne se contente pas de défendre ses intérêts personnels, elle ouvre une voie que de nombreux artistes pourraient suivre.
Et le cas n’est pas isolé… L’acteur Matthew McConaughey avait déjà entamé une démarche similaire quelques mois plus tôt, alors que Scarlett Johansson a engagé des poursuites en 2023 après la création d’un avatar numérique à son image sans son consentement. Preuve que la question dépasse largement le cadre de la musique. Mais du côté de cette industrie, les inquiétudes sont multiples. L’utilisation non autorisée d’une voix peut servir à créer des chansons inédites, des messages trompeurs ou même des contenus commerciaux. Et contrairement au piratage classique, ces créations ne sont pas des copies, mais des productions nouvelles générées par des algorithmes. Un flou juridique qui complique considérablement les recours.
Aux États-Unis, certaines législations commencent à émerger pour encadrer ces pratiques. Le Tennessee, par exemple, a adopté en 2024 l’ELVIS Act, une loi visant à protéger les artistes contre l’exploitation de leur image et de leur voix par l’IA. Mais ces dispositifs restent encore limités. Reste à savoir si cette stratégie fera école et si elle sera validée juridiquement.
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