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Mort du cinéaste Raoul Ruiz : Portrait et hommages d'une grande figure du cinéma

Le Septième Art vient de perdre une grande figure qui a tant oeuvré, le cinéaste franco-chilien Raoul Ruiz. L'artiste est décédé le vendredi 19 août des suites d'une infection pulmonaire à l'âge de 70 ans. Passionné par son travail, il achevait le montage d'un film qu'il avait tourné sur son enfance au Chili, d'après son producteur, La noche de enfrente, et préparait le tournage prévu en octobre d'une oeuvre sur la bataille de Buçaco au Portugal en 1810. Derrière lui, s'impose une immense carrière à laquelle Purepeople.com rend hommage.

Les débuts chiliens

Vivant dans la capitale chilienne, Santiago, le jeune Raoul Ruiz, atteint de tuberculose à 5 ans, quitte la ville avec sa famille pour s'installer à la campagne. En grandissant, la passion de Raoul Ruiz pour le cinéma s'affirme et il dirige le ciné-club de l'université où il étudie le droit et la théologie.

Raoul Ruiz présente son premier long métrage, Tres tristes tigres qui décroche le Léopard d'or au sein de l'exigeant festival de Locarno en Suisse, en 1969. Premier essai, coup de maître, Raoul Ruiz s'affirme donc avec cette oeuvre, adaptation du premier roman de l'écrivain cubain Guillermo Cabrera Infante, qui évoque l'existence de trois habitants de Santiago. Cette même année est aussi celle de son mariage avec la Chilienne Valeria Sarmiento, réalisatrice, monteuse et collaboratrice de Ruiz.

La vie au Chili de Raoul Ruiz bascule après le coup d'état de Pinochet et la mort de Salvador Allende le 11 septembre 1973. Militant socialiste très engagé et conseiller cinématographique pour le parti d'Allende, il quitte son pays et se rend à Paris.

La vie parisienne

Installé dans la capitale française, Raoul Ruiz tourne en 1974 Dialogue d'exilés, inspiré de son expérience de réfugié politique et signe l'oeuvre d'après La vocation suspendue de Pierre Klossowski qui écrit d'ailleurs le scénario de l'adaptation cinématographique en 1977. L'essayiste et philosophe retrouve le cinéaste pour L'Hypothèse du tableau volé en 1978, nouvelle adaptation de l'oeuvre de Klossowski et dans laquelle apparaît un certain Jean Reno.

Durant les années 1980, Raoul Ruiz s'évade vers des longs métrages moins cérébraux et nourris d'aventures, comme Les Trois couronnes du matelot en 1982 et La Ville des pirates en 1983. Dans ces films, un enfant fait ses premiers pas de comédiens : Melvil Poupaud. L'acteur français nouera une belle collaboration avec le réalisateur et ils se retrouveront ensuite dans L'Éveillé du pont de l'Alma, Dans un miroir, Fado majeur et mineur, Trois vies et une seule mort, Généalogies d'un crime, Le Temps retrouvé, Combat d'amour en songe et Mystères de Lisbonne, sorti en octobre 2010.

Mastroianni, Deneuve, Malkovich...

Mêlant des comédiens d'horizons variés dans L'Oeil qui ment en 1992 (John Hurt, Didier Bourdon ou encore Daniel Prévost), il est ensuite de retour sur les marches du festival de Cannes en 1996. Sur la Croisette, il défend l'oeuvre Trois vies et une seule mort, avec Marcello Mastroianni et sa fille Chiara, qui impose sa notoriété en France. Quelques mois après, en décembre 1996, le grand Marcello, meurt, laisse une marque magique et tourbillonnante dans ce long métrage.

A la fin des années 1990, il relève l'impossible défi de s'inspirer du roman de Marcel Proust, Le Temps retrouvé. Dans ce film, l'oeuvre et les personnages de la réalité de Marcel Proust se mélangent avec ceux de la fiction et la fiction prend peu à peu le pas sur la réalite. Pour ce long métrage, le cinéaste rassemble un somptueux casting, avec la présence de Catherine Deneuve, de nouveau sa fille Chiara Mastroianni, Emmanuelle Béart, Vincent Perez et John Malkovich.

Un artiste aussi chilien que français

La liste glorieuse des acteurs tournant avec Raoul Ruiz est longue : Michel Piccoli et Catherine Deneuve se donnent la réplique dans Généalogies d'un crime, Isabelle Huppert fait partie de la distribution de La Comédie de l'innocence et Arielle Dombasle et Laetitia Casta se croisent dans Les Ames fortes, adaptation du roman de Jean Giono.

Ayant affirmé son talent en France, il retourne en 2004 sur ses terres au Chili où il réalise Dias de Campo et en 2005, il retrouve John Malkovich qu'il choisit pour incarner le peintre Klimt. A la suite de La Maison Nucingen d'après Balzac, il livre Mystères de Lisbonne, avec Léa Seydoux, Adriano Luz, Maria João Bastos, Clotilde Hesme, Melvil Poupaud et Malik Zidi. Ce long métrage inspiré d'un roman de l'écrivain portugais Camilo Castelo Branco narre au XIXe siècle, l'histoire de deux destinées qui se croisent, celle d'un orphelin, Pedro et celle du Père Dinis, un prêtre, autrefois aristocrate libertin, qui élève Pedro comme son fils. Cette oeuvre remporte le prix Louis-Delluc en décembre 2010.

Le film que le réalisateur franco-chilien Raul Ruiz s'apprêtait à tourner au Portugal sur une bataille napoléonienne, As linhas de Torres (les lignes de Torres - précédemment intitulé Débâcle), devrait être terminé a indiqué son producteur portugais, Paulo Branco. La phase préparatoire du film est terminée et il devrait être tourné pour sortir ensuite sur les écrans, a indiqué le producteur. Léa Seydoux,
Mathieu Amalric, Malik Zidi, Melvil Poupaud, Marisa Paredes et John Malkovichont été annoncés au casting.

Un "Méliès des temps modernes"

"C'était une personne venue d'une autre époque, qui connaissait tout sur tout, d'une culture immense à tous points de vue, et qui était à cheval entre deux pays, le Chili et la France," a déclaré, ému, son producteur François Margolin.

Arielle Dombasle, qui a tourné dans cinq films de Raoul Ruiz, a réagi à l'annonce de son décès, le décrivant comme un "Méliès des temps modernes", créant un monde "de fulgurances et de visions, doublées d'érudition" : "C'était un enchantement de tourner avec lui. Il habitait son monde, un monde de la jeunesse, de la fantaisie et de l'érudition, avec une invention formelle incroyable. C'était un artiste guidé par des visions d'un onirisme fin et secret. Je le revois, avec ses yeux ronds, perpétuellement étonnés, comme une sorte de somnambule."

L'ancien ministre de la Culture a qualifié Raoul Ruiz de "cinéaste hors du commun, symbole accompli du métissage des cultures latino-américaines et européennes". Gilles Jacob, président du festival de Cannes, a salué le cinéaste, "conteur des mille et une nuits" doué "d'une imagination d'une prodigalité incomparable," selon lui. Sur le ton de l'humour, Raoul Ruiz avait qualifié en 2001 le festival de Cannes de "grande poubelle indispensable".

"Je ne sais pas où est ma seconde patrie : parfois le Chili, parfois le Portugal, parfois la France. Mon domicile fixe est ici, à Paris... pardon, à Belleville, nuance. Ici, c'est le monde, les nationalités les plus invraisemblables s'y côtoient," déclarait Raoul Ruiz dans une interview aux Inrocks au mois d'octobre 2010. Ce sera au Chili que l'artiste sera enterré, "conformément à sa volonté", a annoncé le ministre chikien de l'Education, Luciano Cruz-Coke. Une cérémonie se tiendra également à Paris mardi 23 août à 10h30, en l'église de Saint-Paul.

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