Il y a un an, Patrick Bruel inaugurait officiellement L’Isle de Leos, son hôtel cinq étoiles installé à L’Isle-sur-la-Sorgue, dans le Vaucluse. Un projet auquel le chanteur et comédien est particulièrement attaché, imaginé autour de la Provence, de l’art et de son Domaine de Leos. Mais derrière les images de cette inauguration élégante se cachait une histoire beaucoup plus mouvementée. Quelques jours après l’ouverture, Patrick Bruel ne le dissimulait pas : la naissance de son hôtel avait été semée d’embûches, au point de l’obliger à reprendre personnellement les commandes du projet.
L’histoire de L’Isle de Leos avait pourtant commencé presque par hasard. Lorsque Patrick Bruel découvre cette ancienne scierie, il n’a pas encore l’idée d’en faire un hôtel. Il raconte même qu’il n’était pas intéressé au départ par le lieu, avant de changer d’avis après sa rencontre avec la propriétaire. La roue à aubes présente autrefois sur le site devient alors l’un des symboles du futur établissement, autour duquel sera notamment construit le restaurant La Roue. L’idée d’un hôtel arrive ensuite progressivement. "Il n’y avait pas d’hôtel à l’Isle-sur-la-Sorgue suffisamment grand pour accueillir tous les touristes qui viennent le matin et qui, du coup, repartent le soir. Or, ce village est l’un des plus fréquentés de Provence. Donc, de fil en aiguille, on a conclu qu’un hôtel pourrait être une bonne idée. Mais je pensais qu’on ferait un petit hôtel… pas qu’on se lancerait dans un tel projet !", avait-il déclaré auprès du Soir.
Un projet qui va finalement prendre une ampleur considérable. Et surtout beaucoup plus de temps que prévu. Toujours au Soir, Patrick Bruel reconnaissait sans détour les difficultés rencontrées : "C’était le problème : au départ, je n’avais pas décidé d’y consacrer beaucoup de temps. J’avais lancé le truc et je laissais les gens faire, mais à un moment donné, j’ai laissé un peu trop faire et ça ne s’est pas passé tout à fait comme il le fallait… Le projet a commencé il y a six ans et a pris beaucoup de retard, il y a eu beaucoup de problèmes. Du coup, depuis un an, je m’en suis occupé jour et nuit pour le mener au bout, pour qu’il ressemble à ce que je voulais exactement et pour que ce soit une fierté pour tout le monde." Une confession qui donne une autre dimension à l’ouverture de septembre 2025. L’artiste avait également résumé l’ampleur du défi avec une formule particulièrement parlante : "Jamais un projet n’a été aussi difficile à lancer, à faire et surtout à terminer."
Car L’Isle de Leos n’est pas un hôtel imaginé comme une adresse de luxe supplémentaire. Patrick Bruel l’a conçu comme un prolongement de son univers provençal, avec une place importante accordée à l’histoire du lieu et aux artistes de la région. La roue à aubes restaurée, qui a donné son nom au restaurant La Roue, est devenue l’un des éléments emblématiques de l’établissement. Le bar, baptisé Le Nègo Chin, fait lui aussi référence aux embarcations traditionnelles de la Sorgue. L’hôtel appartient à la collection MGallery du groupe Accor et propose 49 chambres, dont 11 suites et junior suites, mais aussi un spa, deux piscines, une salle de fitness, une galerie d’art, une cave de dégustation et plusieurs espaces de restauration.
Depuis, L’Isle de Leos a cependant connu plusieurs mouvements au sein de ses équipes. En cuisine, Yon Masurel, qui avait participé au lancement du restaurant La Roue, a quitté son poste de chef. Il a été remplacé par Cyril Mendes, passé notamment par le Ritz Paris, Courchevel, Saint-Paul-de-Vence et le Domaine des Andéols. Le chef pâtissier Aurélien Wargny a également quitté l’établissement. Il a depuis rejoint le Château Saint-Martin & Spa, où il exerce comme chef pâtissier. Et un troisième départ vient désormais s’ajouter à cette liste. Arrivée en novembre 2025 pour prendre la direction du spa L’Olivier de Leos, Coralie Saorin a annoncé son départ après dix mois. Dans un message publié sur LinkedIn, elle a écrit : "Cette décision n’a pas été facile. Elle est le résultat d’un constat que beaucoup de professionnels connaissent encore aujourd’hui : la réussite d’un projet ne repose pas uniquement sur des chiffres, une stratégie ou de belles promesses, mais également sur des valeurs humaines, le respect, l’écoute et la bienveillance au quotidien."
Un an après son inauguration, L’Isle de Leos poursuit donc son histoire avec de nouvelles équipes et de nouveaux visages. Pour Patrick Bruel, le défi est désormais de faire vivre dans la durée ce projet qu’il aura dû, selon ses propres mots, porter "jour et nuit" pour enfin le voir aboutir.