L’affaire Patrick Bruel dépasse désormais le cadre judiciaire. A L’Isle-sur-la-Sorgue, dans le Vaucluse, le chanteur est aussi un entrepreneur qui a développé plusieurs activités économiques, notamment un hôtel de luxe baptisé L'Isle de Leos. Une situation qui a poussé le maire de la commune, Pierre Gonzalvez, à prendre publiquement la parole. Dans un communiqué publié sur Facebook le 12 juin 2026, deux jours après la mise en examen de l’artiste, l’élu a exprimé son exaspération face aux répercussions de cette affaire sur l’image de la ville, tout en rappelant son soutien aux victimes présumées et sa confiance en la justice.
Le message de Pierre Gonzalvez commence sans détour : "Comme de nombreux L’Islois, je ne supporte plus que l’image de la Ville de L’Isle-sur-la-Sorgue soit associée à l’affaire Patrick Bruel. Le sujet est grave. Nous avons tous, dans nos familles ou parmi nos proches, une fille, une sœur, une épouse, une amie ou une connaissance qui a pu être victime d’une agression, que nous en ayons eu connaissance ou non. J’ai toujours considéré que la parole des femmes devait être entendue, accueillie avec sérieux et respect et je suis résolument du côté des victimes. Aujourd’hui, Patrick Bruel est mis en examen et s’apprête à être auditionné, de même que les plaignantes. J’ai une pleine confiance en la justice de mon pays pour établir la vérité." Ce positionnement intervient dans un contexte judiciaire particulièrement sensible. Le 10 juin 2026, Patrick Bruel a été mis en examen dans quatre affaires pour viol, tentative de viol, agression sexuelle et harcèlement sexuel. Il a également été placé sous le statut de témoin assisté dans quatre autres dossiers.
Au-delà de la dimension judiciaire, Pierre Gonzalvez revient sur la place occupée par l’artiste dans l’économie locale. "Patrick Bruel vit à l’Isle-sur-la-Sorgue depuis plus de 20 ans, je n’étais alors pas encore maire. Depuis, il a développé un certain nombre d’activités économiques et la Ville de l’Isle-sur-la-Sorgue a accompagné son projet de construction de l’hôtel L’Isle de Leos dans la perspective de la création d’une centaine d’emplois. Ce qui est le cas aujourd’hui, tient à assurer le maire. Pour ce projet, la Ville de l’Isle-sur-la-Sorgue a modifié son PLU en étendant les règles du centre-ville à cette parcelle mitoyenne où se trouvent l’hôtel et un immeuble voisin. De façon très commune, les mairies sont régulièrement amenées à faire évoluer le PLU pour faciliter le développement économique. Ce fut le cas, nous concernant, pour les entreprises Florette, Parexlanko ou encore Rousselot. S’agissant de l’Isle de Leos, une délibération du conseil municipal a été adoptée et validée par les services de l’Etat. Aujourd’hui, les salariés de cet hôtel se questionnent quant à leur avenir."
Composé de 49 chambres et suites, d’un restaurant, d’un bar à cocktails et d’un spa, l'hôtel représente un projet important pour la commune. Il a récemment intégré la sélection 2026 d’hôtels du Guide Michelin. Mais son ouverture a aussi été suivie de plusieurs changements au sein des équipes : le chef Yon Masurel, le chef pâtissier Aurélien Wargny, la responsable du spa Coralie Saorin et le chef de partie Haris Halilovic ont quitté l’établissement. Aucun lien de causalité entre ces départs et l’affaire judiciaire n’est établi.
Dans son communiqué, le maire reconnaît enfin entretenu certains liens avec Patrick Bruel, sans cacher sa surprise face aux révélations : "Si Patrick Bruel et moi-même avons développé une relation cordiale, la découverte de cette affaire m’a stupéfait comme bon nombre de mes concitoyens. Alors que la justice doit suivre son cours sereinement, la Ville de L’Isle-sur-la-Sorgue continuera à agir dans le respect de ses compétences, de la loi et de l’intérêt général." Pierre Gonzalvez entend ainsi distinguer les responsabilités de la municipalité du dossier judiciaire visant l’artiste. Son message porte également sur les conséquences locales d’une affaire désormais étroitement associée au nom de la commune, alors que l’avenir économique de l’hôtel et les interrogations de ses salariés s’inscrivent dans un contexte particulièrement délicat.
Patrick Bruel reste présumé innocent des faits qui lui sont reprochés jusqu'à la clôture de ces affaires.