La maison de Serge Gainsbourg n’a désormais presque plus de secrets pour le public. Mais pour Charlotte Gainsbourg, le 5 bis rue de Verneuil, reste un lieu profondément intime. À l’occasion d’un Private Tour pour Vogue France, l'actrice de 55 ans a présenté plusieurs photographies prises avant l’ouverture du musée consacré à son père. Des images qui capturent les objets et les détails de cette demeure restée figée dans le temps.
Car pendant des années, cette maison a été l’un des derniers espaces appartenant encore véritablement à Charlotte Gainsbourg. "Ça fait longtemps que mes parents ne m’appartiennent plus", confie-t-elle avec émotion. En ouvrant les portes de la demeure au public, elle a accepté de partager une partie de son intimité et de celle de ses parents. "C’était la seule chose qui m’appartenait encore et qui était encore un peu secrète", explique-t-elle avant d’ajouter qu’elle pense que son père aurait souhaité que la maison soit ouverte. La fille de Serge Gainsbourg et Jane Birkin a donc accepté de faire de cette antre si privée un musée où tout le monde peut venir découvrir les secrets de la vie de Serge Gainsbourg.
Dans ses clichés, Charlotte Gainsbourg s’est attardée sur les objets qui lui rappellent directement son père. Dans la cuisine, elle se souvient notamment de l’organisation presque méticuleuse de Serge Gainsbourg, avec un réfrigérateur transparent où chaque chose avait sa place. Parmi ses souvenirs préférés : trois paquets de Yes, ces petits gâteaux qu’ils appréciaient tous les deux lors de leurs fringales nocturnes. Les Gitanes et le Zippo de son père apparaissent également dans son travail photographique. Tout comme sa collection d’insignes de police. "C’était son univers, en fait." raconte Charlotte, qui explique que les policiers étaient parfois les seuls à pouvoir lui rendre visite la nuit. Son père parvenait même à obtenir certains de leurs insignes, de véritables trophées à ses yeux.
Une mygale, autrefois installée sur le piano à queue puis déplacée dans le bureau, fait également partie des images qui lui sont chères. Charlotte Gainsbourg évoque aussi le goût de ses parents, surtout de sa mère, pour les animaux naturalisés. Autant de détails qui permettent de replonger dans l’univers très singulier de Serge Gainsbourg. Mais derrière ces objets se cache surtout le regard d’une enfant. En réalisant son livre, Charlotte Gainsbourg a remarqué qu’elle avait souvent photographié la maison depuis une position très basse. "J’ai pris beaucoup de photos d’un point de vue d’enfant", explique-t-elle. Une manière de regarder son père et son passé autrement, des années après. Avec son livre photographique, Charlotte Gainsbourg livre, elle, une vision plus intime de ces lieux. Une façon de transmettre ses souvenirs tout en acceptant, peu à peu, de les partager avec le public.