Au cœur du rush d’interviews qui précède toujours la finale du Concours Miss France, Camille Cerf, qui fera partie du jury, a accepté de se poser quelques instants pour Purepeople. Elle raconte notamment quel sera son rôle de "marraine” auprès de celle qui sera élue ce samedi 6 décembre, quels sont les pièges à éviter quand on devient Miss France, évoque la fin de règne qu’elle qualifie de “cruelle” et revient sur ses dix ans de couronne en dévoilant quelques petits secrets...
Purepeople : Vous devenez la toute première miss “marraine” de Miss France. Avez-vous déjà préparé un plan de coaching pour la nouvelle élue ?
Camille Cerf : Non, parce que ce qui est excitant, c’est que je ne sais pas qui sera la prochaine Miss France, donc le plan dépendra de sa personnalité. Et comme je suis dans le jury, j’ai envie de rester neutre, même si je commence à les connaître un peu toutes. Donc non, pour l’instant, pas de plan d’action. J’ai déjà bien mes missions en tête, qui sont d’être présente pour elle, pour ses questions professionnelles, de l’aider à gérer son après, de bien gérer aussi le pendant, et puis d’être là un peu comme une… roue de secours, notamment pour ses premiers moments médiatiques. C’est un tourbillon impressionnant au début. Et j’ai envie qu’elle sache que je suis là pour qu’elle puisse se lâcher et s’exprimer, montrer sa personnalité sans avoir peur de faire une boulette. Qu’elle sache que, de toute façon, je serai là pour rattraper si jamais il se passe quoi que ce soit.
Quelles sont les “boulettes” à éviter quand on débute dans un rôle qu’évidemment, par définition, on n’a jamais eu ?
L’erreur à ne pas commettre, c’est de jouer à la Miss France, de jouer un rôle, parce que ça donne un air niais ou nunuche, reproche qu’on a pu faire à certaines Miss parce qu’elles n’osaient pas être elles-mêmes ni assumer ce qu’elles pensaient. Les Miss peuvent avoir peur du poids de cette écharpe, peur des questions des journalistes, des répercussions suite à leurs propos. On est directement projeté sur le devant de la scène face à des médias aguerris qui attendent de nous qu’on prenne position sur des sujets forts ou sociétaux. L’erreur, c’est de vouloir plaire à tout le monde.
On peut donc être soi quand on est Miss France ?
C’est ce que je pense. Et j’encouragerai la prochaine Miss à agir dans ce sens. On le voit de plus en plus à Miss Univers, par exemple. Les candidates prennent des positions parfois clivantes mais qui sont assumées. Je trouve ça bien.
Être Miss, c’est appartenir un peu à tous les Français. Comment aviez-vous vécu cette dépossession ?
C’est compliqué parce qu’on n’incarne pas seulement soi-même, on incarne toute une institution et toutes celles qui ont été élues avant nous. On n’a pas envie de les décevoir. On a ce poids. Mais je serai là pour rappeler à la nouvelle Miss que si c’est elle qui a été élue, c’est que les Français lui ont fait confiance et que les Français l’apprécient, telle qu’elle est.
Quelle est la marge de liberté d’une Miss, est-ce qu’il y a des choses qu’on ne peut pas faire ?
Sortir seule dans la rue ou le soir, c’est possible. Après, il y a des trucs vraiment interdits. Conduire, par exemple, même si certaines Miss l’ont fait… Il faut bien sûr se montrer poli, respectueux et c’est vrai que parfois, on est de mauvaise humeur, on n’a pas envie de faire des photos. Après, en fin de compte, il faut juste respecter les règles de bienséance.
Peut-on avoir une vie sentimentale quand on est Miss ?
Oui, il y a eu plein d’exemples… Regardez Amandine Petit qui vient d’annoncer ses fiançailles. Elle est en couple avec son partenaire depuis des années et son histoire a survécu à son année de Miss. Elle a très bien géré parce que, pendant son règne, personne ne savait si elle était célibataire ou en couple. C’est ce qu’on conseille à toutes les Miss de faire, soit en évitant la question, soit en mentant un peu, pour se protéger.
Dix ans après votre sacre, quelle est votre plus grande fierté de cette décennie… et votre plus grand regret ?
Ma plus grande fierté, c’est d’avoir eu un enfant. Je trouve ça incroyable. Je pensais que je n’en voulais pas et c’est arrivé comme une surprise magnifique. Je suis comblée dans ce rôle. Si j’ai un regret, c’est d’avoir perdu du temps à me soucier des critiques sur mon physique et mes complexes. Ça n’en valait pas la peine. Je me suis beaucoup pris la tête sur ça. J’avais peur que si je prenais du poids ou que si j’en perdais, on m’aime moins. Sur ce sujet, la grossesse m’a aidée. J’ai découvert que même enceinte, je pouvais travailler, que les télés m’appelaient, même après que je suis devenue maman.
Vous dites que la fin du règne est “cruelle”. En quoi ?
Parce qu’on est remplacée par une nouvelle Miss, et ça, c’est dur. Les équipes, les regards se tournent vers la nouvelle élue qui est désormais au centre de l’attention, qui va aller sur les plateaux de télé où, quelques jours encore auparavant, vous étiez invitée. On va moins vous appeler. Sur le moment, c’est difficile à vivre mais ça nous oblige à sortir de notre zone de confort. À posteriori, c’est bénéfique.
Le règne d’Angélique Angarni-Filopon a été discret. Si vous aviez été sa marraine, quel conseil lui auriez-vous donné ?
Tous les ans, on entend la même chose : “On ne l’a pas trop vue, la nouvelle Miss !” C’est qu’en fait, les Miss, on les voit surtout après leur règne. Pendant l’année de Miss, on est toujours sur le terrain, à la rencontre du public. Angélique a parcouru la France entière, tous les DOM-TOM, pour aller à la rencontre des gens. C’est vrai qu’on l’a moins vue à la télé. Mais maintenant, ça va commencer, parce que les gens l’adorent et elle adore ça. Je lui avais d’ailleurs donné ce conseil : "c’est toi la Miss France quoi qu’il arrive. Concentre-toi sur les gens qui t’ont élue au lieu d’essayer de plaire à ceux qui ne t’ont pas élue et qui, peut-être, ne t’apprécieront jamais".
© Abaca Press, Castel Franck/ABACA
Avez-vous envie d’insuffler quelque chose de nouveau au rôle ?
J’aimerais qu’on découvre très vite la vraie personnalité de la nouvelle Miss. Qu’elle ne perde pas de temps à jouer un rôle. Moi, quand je faisais mes premières émissions télé, c’était avec Sylvie Tellier et Sylvie, elle est trop sympa, je l’adore, mais c’était ma patronne. J’avais donc une certaine pudeur et une certaine réserve. À mes côtés, j’ai envie que la nouvelle Miss se sente pleinement en confiance et libérée et que ça lui permette de montrer qui elle est, que ce soit sur les réseaux sociaux ou sur les plateaux télé. Je serai là pour l’aider à éclore, à donner ses opinions, à avoir de la répartie, à affirmer son caractère.
La vie de Miss, ce n’est pas que des bons côtés : y a-t-il des aspects moins sympas, des foires hivernales dont on se passerait ?
Ce qui est génial, c’est de passer de l’inauguration d’un marché de Noël d’une petite ville en Alsace au Salon de l’agriculture et, le lendemain, d’aller faire le Festival de Cannes. Miss France est tout-terrain et s’adapte à toutes les situations. Aucune journée ne se ressemble. J’ai le souvenir d’un Salon de la Fleur dans les Vosges qui était mémorable. Ce ne sont pas toujours les événements les plus “glam” qui sont les plus sympas à vivre.
Quelle est la personne que vous rêviez de croiser et que votre rôle de Miss France vous a permis de rencontrer ?
J’ai réalisé plein de mes rêves durant mon année de Miss. Moi qui suis une grande fan de Justin Bieber, qui ai grandi avec lui, qui ai appris l’anglais grâce à lui, j’ai eu la chance de le croiser, de même qu’Harry Styles. J’ai aussi rencontré dans un hôtel de Lyon le regretté Gaspard Ulliel, dont j’étais fan absolue et qui était mon fond d’écran plus jeune. Il y a aussi eu Baptiste Giabiconi ou Louane. C’était une année folle durant laquelle j’ai eu l’impression de rentrer dans ma télé…
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