Humoriste devenu acteur puis réalisateur, Albert Dupontel, 62 ans, signe son retour devant et derrière la caméra avec son long-métrage Il faut brûler maman, au cinéma à partir du 11 novembre prochain. À l’occasion de la promotion de cette nouvelle comédie, il a fait l’objet du portrait de la semaine de l’émission Sept à Huit sur TF1, ce dimanche 25 octobre 2026.
Face à Audrey Crespo-Mara, Albert Dupontel a pu se livrer sans filtre. Confiant bien volontiers être une personne "mélancolique", il a également donné son avis sur le climat actuel en France, marqué par le mouvement contestataire des lycéens dans l’Hexagone, qui a donné lieu à des révoltes non sans bruit ni fracas. Alors que de nombreux Français se divisent en deux camps opposés, Albert Dupontel privilégie une approche plus nuancée, tout en comprenant les revendications du peuple.
Le père de trois enfants, qui dit mieux comprendre le monde en regardant des films français des années 1930, a répondu à la question d’Audrey Crespo-Mara, qui lui demandait ce qu’il reprochait au monde actuel. "Je ne lui reproche rien. Il est ce qu’il est. Qui je suis pour reprocher ? Je me planque de plus en plus, oui. J’ai de plus en plus peur. J’ai peur du monde, je ne le connais pas, ce monde".
Albert Dupontel a ensuite développé son propos, révélant ce qui lui faisait peur : "Les mentalités, la politisation de la vie. Les idéologies font peur. C’est-à-dire que les gens voient leurs idées plus que la réalité et la réalité, si on la regarde bien justement avec amour comme vous le disiez, elle est pleine de nuances, elle est pleine de beautés, etc. Mais si on ne veut pas le voir, bah on ne le voit pas et on casse tout, quoi, donc euh… Et même si, au départ, les raisons sont bonnes, c’est toujours pareil : quand on s’énerve, même si on a raison, on a tort, voilà. Et on fait le jeu de nos adversaires, donc le monde actuel me fait peur".
Au fil de l’entretien, l’acteur a également confié comprendre "de moins en moins" le monde. "Je trouve ça dur de vivre et plus on sait de choses, plus c’est dur", a-t-il ajouté. Interrogé sur ce qui le révolte le plus, Albert Dupontel a également livré une réponse sans détour : "Aujourd’hui, le temps qui passe trop vite. Après, les institutions, les gens déconnectés. C’est vrai que la colère populaire, je la comprends parce qu’il y a un tel décalage entre ceux qui gouvernent et le peuple qu’à un moment donné, on se dit : ‘Mais putain, mais est-ce qu’ils se rendent compte quand même que…’".
Enfin, l’acteur a expliqué cette division entre le peuple et le gouvernement en évoquant une forme d’aristocratie au pouvoir : "C’est une aristocratie qui a gouverné l’Europe pendant longtemps et c’est une aristocratie technocratique, mais il n’y a pas qu’en France. C’est pareil dans tous les pays, il y a une déconnexion. Je pense que le pouvoir attire des psychés particulières qui sont très loin de l’intérêt général. Il y a eu des grands hommes d’État. Il y a eu Clemenceau, il y a eu De Gaulle, des gens pour qui c’était vraiment hyper important, ce pays, mais ces gens-là sont très rares quand même. Le reste du temps, c’est juste des êtres humains assez basiques qui sont très contents d’être au pouvoir, malheureusement".
Loin de condamner en bloc la colère populaire, Albert Dupontel dit comprendre les revendications des citoyens, tout en mettant en garde contre les dérives de la colère. Un regard nuancé sur une société dont les divisions et les tensions l’inquiètent de plus en plus.