Qui n'a jamais entendu dire qu'en prenant de l'âge, les nuits devenaient inévitablement plus courtes et légères ? Une fois l'heure de la retraite sonnée, il n'est d'ailleurs pas rare de savoir des seniors sur pied dès 4 heures ou 5 heures du matin, prêts à démarrer leur journée alors même qu'ils ne se sont pas couchés avant minuit ! Si l'option d'une petite sieste salvatrice en début d'après-midi permet parfois de compenser le peu de sommeil nocturne, cette habitude ne remplace pas pour autant une vraie nuit reposante.
Le sommeil réparateur de la nuit demeure le pilier fondamental de notre équilibre physique et mental. C'est précisément durant ces heures d'obscurité que l'organisme active ses mécanismes majeurs de régénération cellulaire, renforce son système immunitaire et consolide les capacités cérébrales. Se contenter d'un maigre quota de 4 ou 5 heures de repos par nuit s'avère donc totalement insuffisant pour maintenir une santé optimale ! Pour préserver son corps, maintenir un métabolisme efficace et garder une énergie débordante au fil des années, il convient d'accorder une importance capitale à l'hygiène de ses nuits.
Alors, quelle est la durée idéale à passer sous la couette lorsque l'on franchit le cap de la soixantaine ? Pour Marc Rey, neurologue et président de l’Institut National du Sommeil et de la Vigilance, la réponse ne fait aucun doute : la grande majorité des sexagénaires gagne à maintenir 7 à 8 heures de sommeil pour rester au sommet de sa forme, et ce même si les nuits ont naturellement tendance à devenir plus morcelées en vieillissant. Et pour cause, l'impact de ces heures de repos sur la longévité est scientifiquement prouvé : une étude menée par l’American Heart Association a révélé que dormir moins de 5 heures par nuit augmentait le risque de mortalité de 65 %, tandis qu'un sommeil de mauvaise qualité l'élevait de 25 %.
Sachant qu'un cycle de sommeil complet s'étale sur environ 90 minutes, l'idéal théorique repose sur cinq à six cycles consécutifs, soit l'équivalent de 7h30 à 9h de repos. Toutefois, comme l'a rappelé le spécialiste Marc Rey lors d'un entretien accordé au Journal des Femmes, passer la barre des 60 ans permet parfois de se contenter de quatre cycles complets (soit environ 6 heures), à la condition stricte de se réveiller sans sensation de fatigue excessive et de ne souffrir d'aucune somnolence durant la journée. En effet, le plus important reste encore de savoir écouter son corps.