Ce jeudi 30 avril 2026 signe les 19 ans de la disparition du chanteur Grégory Lemarchal. En 2007 et à seulement 23 ans, le célèbre lauréat à la voix d'or de la Star Academy, camarade de promo de Lucie Bernardoni, Karima Charni et ami de Nikos Aliagas, s'éteignait des suites de complications de la mucoviscidose, une maladie génétique incurable.
Sa petite soeur Leslie Lemarchal, désormais âgée de 38 ans et mère de famille, s'est récemment confiée dans l'émission Entre vous et moi, animée par Dominique Lagrou-Sempère, sur la douloureuse perte de son artiste de frère et sur le chemin de résilience sinueux arpenté jusqu'alors.
Difficile d'imaginer ce grand frère, qui fût champion de France de rock sauté en 1997 puis vainqueur du télécrochet de TF1, partir si jeune. Pour Leslie Lemarchal, la cadette du clan, il a toujours été question d'admiration envers Grégory Lemarchal, dont elle n'imaginait pas le départ et ce, malgré cette maladie héréditaire qui détruisait ses poumons. "On a détecté la maladie de Grégory à ses 21 mois (...) J'ai grandi avec, quand je suis née elle était bien installée déjà. J'ai vu mon frère faire ses soins, du kiné, prendre des médicaments et avec ses aérosols durant mon enfance. Ce n'est pas habituel mais, avec ses traitements, Greg allait bien", précise-t-elle.
© Instagram, leslielemarchal
Repousser la maladie et attendre le "miracle" d'une greffe afin de lui permettre de gagner encore du temps, voilà ce à quoi Leslie Lemarchal s'est longtemps consacrée avec les siens, toujours soucieuse du bien-être de son aîné : "J'avais 19 ans quand il est parti (...) J'ai culpabilisé de ne pas être malade, je me suis dit : pourquoi lui ? pourquoi pas moi ? (...) Pour moi, il était protégé, c'était impossible qu'il parte... Et puis, j'ai compris qu'on pouvait mourir jeune de la mucoviscidose".
Un parcours éprouvant pour les proches du chanteur qui se sont, eux-aussi, vus couper les ailes : "Avant la Star Ac', il n'allait pas bien mais après, ses résultats de santé sont remontés. Ça n'a pas tenu comme on l'espérait, mais ce gain de bonheur et de réussite a permis de repousser la maladie. Il disait : 'Quand je suis sur scène, je ne suis pas malade !'. Jusqu'à la dernière minute, on y a cru. Avec ma mère, on aurait été prêtes à lui donner un bout de nos poumons si ça avait été possible. Sur la fin, on voulait juste le soulager de sa souffrance".
Après avoir écrit sa peine dans un livre Mon frère, l'artiste, Leslie Lemarchal a réalisé un long travail d'acceptation et, si elle s'exprime aujourd'hui, près de deux décennies sans Grégory Lemarchal, c'est dans le but de prouver qu'on peut survivre à la perte d'un être aimé. "J'ai réussi à survivre à son départ et à trouver le chemin de mon bonheur" confie-t-elle dans l'émission de Dominique Lagrou-Sempère, avant d'ajouter avec beaucoup d'émotion au sujet de son "Greg" : "Je l'aime d'un amour éternel".
Leslie Lemarchal : "Grégory me guide et m'envoie des signes... Il est toujours là, c'est sûr"
Après le décès de Grégory Lemarchal, sa soeur, qui a échappé à sa naissance à cette maladie génétique, affirme s'être sentie "vide". Elle relate les premiers jours complexes après l'envol du jeune chanteur : "Greg part et c'est le néant, tu restes chez toi, il ne se passe plus rien... C'est l'effondrement et l'injustice dans ma tête. Et puis, je suis retournée à ma vie, mais j'étais dans un autre monde". Heureusement, Leslie Lemarchal est bien entourée et a pu faire son deuil en continuant de rendre hommage à son frère : "Grégory m'a transmis la force d'affronter ce que je pensais insurmontable. Il m'a fait ce cadeau-là de me donner des armes... J'ai retrouvé la capacité de m'émerveiller, de rire, c'est revenu petit à petit. Je n'ai pas touché le fond, je me suis toujours secouée. Parfois, la douleur revient comme un boomerang mais j'ai la chance d'avoir ce socle avec mes parents et ce qu'il m'a laissé. L'amour c'est l'ingrédient qui sauve et la vie ne m'a jamais quitté, j'ai toujours eu envie de vivre".
Avec sa mère Laurence et son père Pierre, Leslie Lemarchal créé une association pour continuer de porter le message de Grégory Lemarchal. Elle poursuit ses études, d'abord en "pilote automatique" puis en acceptant de se retrouver : "J’ai choisi de me redonner un petit peu de place après m’être oubliée". Après deux ans de classe préparatoire, Leslie Lemarchal intègre ainsi l'école supérieure de commerce de Marseille, son frère jamais loin de ses pensées : "Greg était un grand fan de l'OM !".
Discrète, celle qui a consacré une partie de sa jeunesse aux "victoires" de son frère aîné, a également retrouvé le sourire grâce à un homme, prénommé Anthony, dont elle est amoureuse depuis le lycée : "C'est l'amour de ma vie, je ne sais pas s'il se rend compte à quel point il m'a aidée". Ensemble, le duo qui vit en Savoie a accueilli deux enfants : un garçon, Paul, né en 2017, et une petite-fille, Jeanne, âgée de 4 ans au moment de l'enregistrement de l'émission.
Si Leslie Lemarchal aborde certains aspects de la notoriété de son frère qui ont ajouté de la rudesse à l'épreuve : "Ça a été quand même un deuil national, on ne m'a pas volé sa mort mais j'ai été face à la peine des autres. Des gens qui ne l'ont jamais connu... Ça me mettais dans une posture où il fallait que je taise ce que je pouvais ressentir. Je ne pleurais pas, je réconfortais. Quand j'allais me recueillir au cimetière et qu'il y avait du monde, j'avais parfois envie d'être seule (...) Et, en même temps quel baume au coeur de voir tout l'amour et l'affection que les gens ont pour lui", la cadette du regretté chanteur assure recevoir certains signes au quotidien.
"Pour moi, il est là. Ce n'est pas que je sens sa présence, j'aimerais tellement... mais c'est plutôt qu'il guide et guidera ma vie pour toujours et oui, il y a des petits signes. Il est là, c'est sûr et j'aimerais parfois que ce soit encore plus fort. Il me manque mais si je pouvais lui parlais, je lui dirai de ne pas s'inquiéter : 'Ta petite soeur est heureuse'" déclare-t-elle, en guise de conclusion à son témoignage puissant et inspirant. 19 ans plus tard, celui qui a marqué les esprits avec son interprétation du morceau SOS d'un terrien en détresse et qui fût le compagnon de Karine Ferri reste dans les mémoires. Plus que jamais immortel grâce aux siens, qui font perdurer sa voix et sa lutte exemplaire contre la mucoviscidose.