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Les Huit Salopards et Black Lives Matter : quand la police boycottait Tarantino

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Les Huit Salopards (The Hateful Eight) de Quentin Tarantino, bande-annonce
Alors qu'Arte propose ce dimanche soir une soirée exceptionnelle consacrée à Quentin Tarantino, avec la diffusion pour la première fois en clair du film "Les 8 salopards", suivie du documentaire de Tara Wood, "QT8 : Tarantino en 8 films", sur le cinéaste déjanté, rappelons-nous le contexte dans lequel le public l'a découvert, il y a quelques années...

Si la gestation et la réalisation du western givré de Quentin Tarantino, Les Huit Salopards (The Hateful Eight), ont été particulièrement éprouvantes, entre la fuite du script qui a failli enterrer le projet et le tournage de nombreuses scènes dans une pièce réfrigérée mettant l'engagement des acteurs à rude épreuve, sa sortie en salles, fin 2015, a également été chahutée. En cause : les débats délétères, déjà, sur les violences policières...

Le 24 octobre 2015, soit deux mois avant la sortie du film, Quentin Tarantino s'exprime à New York au cours d'un rassemblement Black Lives Matter, mouvement né deux ans plus tôt suite à l'acquittement du policier responsable de la mort de Trayvon Martin, un lycéen afro-américain de 17 ans qui n'était pas armé lorsque l'officier dit l'avoir abattu en état de légitime défense. "Je suis un être humain, j'ai une conscience. Quand je vois des meurtres, je ne peux pas rester indifférent... Un meurtre, c'est un meurtre et des meurtriers, ce sont des meurtriers", déclare-t-il. Repris sur toutes les chaînes et dans tous les médias du pays, ces propos déclenchent la colère des syndicats policiers, dont certains appellent à boycotter Les Huit Salopards et plus généralement tout l'oeuvre du cinéaste : "Avec près d'un million d'agents des forces de l'ordre dans ce pays, qui ont des familles et des amis solidaires d'eux, l'impact économique que la police peut avoir sur un produit ou un projet est immense, menace le président d'une association new-yorkaise de policiers, Patrick J. Lynch. Le boycott par les forces de l'ordre du film de Quentin Tarantino, qui déteste les flics, est une démonstration de ce pouvoir économique." Un mot d'ordre qui se répand alors dans toutes les services de police des Etats-Unis, jusqu'à Los Angeles.

Pourquoi Tarantino marchait avec le mouvement Black Lives Matter en 2015

C'est justement dans le Los Angeles Times, quelques jours plus tard, que Quentin Tarantino revient sur sa participation à la marche contre les brutalités policières baptisée Rise Up October au cours de laquelle il a tenu les propos en question, et qui avait lieu quatre jours après la mort d'un policier en exercice à Harlem. Il commence par y révéler que c'était sa première expérience du genre, après avoir été sollicité par les organisateurs, sensibles à ses convictions exprimées dans des interviews antérieures. "Et j'étais vraiment ravi de participer", souligne le réalisateur de Pulp Fiction, expliquant l'importance d'avoir manifesté au côté de familles qui ont pu le prendre à témoin de leurs souffrances et raconter leurs histoires, à mille lieues des brèves de CNN ou des articles sur Internet. "Fier" et "ému" d'avoir marché parmi eux, tout contre eux, il se défend ensuite d'être "anti-flics" : "Tous les flics ne sont pas des meurtriers. Je n'ai jamais dit ça. Je ne l'ai même jamais insinué. Mais je crois que les flics qui ont tué Eric Garner sont des meurtriers. Je crois que quand Walter Scott a été abattu de huit balles dans le dos par un flic, il a été assassiné", énonce-t-il. Accusant alors les groupes de police de vouloir le faire taire, le discréditer et faire pression sur lui, il affirme ne pas être intimidé : "Franchement, c'est nase de se faire traiter de hater de flics par une bande de représentants de la police. Je ne suis pas un hater de flics. C'est une représentation fausse. C'est de la calomnie. Ce n'est pas ce que je suis. Mais c'est leur choix de me faire cela. Qu'y puis-je ? Je ne retirerai pas ce que j'ai dit, c'était la vérité. J'ai l'habitude que les gens se fassent une image fausse de moi, d'être incompris."

Au final, la sortie en salles de The Hateful Eight, animé aussi par l'histoire raciale tourmentée des Etats-Unis, n'aura pas été contrariée, mais, suite à ses résultats décevants au box-office lors des ses premières semaines d'exploitation, Patrick J. Lynch en aura profité pour en remettre une couche en janvier 2016 : "Pouvons-nous nous attribuer le mérite de l'échec de ce navet ? Ce que nous pouvons certifier, en tout cas, c'est que beaucoup, beaucoup de bons citoyens nous ont dit avoir été offensés par les remarques ignorantes et anti-police de Tarantino et, par conséquent, ont refusé de dépenser de l'argent pour aller voir son film", se gargarise-t-il. Les cérémonies de récompenses, elles, ne l'avaient pas boudé pour autant, avec notamment trois nominations (certes pas dans les catégories phares) aux Oscars.

Depuis, Les Huit Salopards a acquis le statut d'oeuvre essentielle dans la filmographie de son auteur et le mouvement Black Lives Matter a tristement pris un essor considérable suite à la mort choquante de George Floyd, qui a poussé de nombreuses stars à descendre dans la rue avec les manifestants.

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