Entre les fêtes blanches de Saint-Tropez, les déjeuners à rallonge et les tablées réunissant Johnny Hallyday ou Charles Aznavour, Eddie Barclay a incarné le faste du show-business français. Mais le célèbre producteur de musique était tout aussi réputé pour sa vie sentimentale foisonnante. Marié à huit reprises, le magnat du disque ne transigeait pas au moment des séparations : interdiction formelle pour ses anciennes épouses de continuer à utiliser le pseudonyme devenu l’un des plus célèbres de l’industrie musicale. L’homme d’affaires allait même jusqu’à engager des poursuites judiciaires pour protéger son patronyme. Une intransigeance qui n’a connu qu’une seule exception. En 1998, Caroline Giganti est parvenue à faire inscrire cette faveur directement dans son jugement de divorce. Vingt-et-un ans après la disparition d’Eddie Barclay, survenue en mai 2005, la dernière femme de sa vie pose un regard serein sur cette décennie passée sous les projecteurs.
Pour Eddie Barclay, la rupture rimait d’ordinaire avec une remise à zéro immédiate. L’éditeur musical veillait scrupuleusement à ce que ses ex-femmes reprennent leur nom de jeune fille dès le prononcé de la séparation. Caroline, elle, a refusé de repartir les mains vides. Arrivée dans la vie du producteur alors qu’elle n’avait que 20 ans, la jeune femme avait mis de côté ses études de droit pour s’adapter au quotidien exigeant de son époux. Au moment de la séparation, elle ne disposait d’aucun compte en banque personnel et avait besoin de se relancer professionnellement. Pour monter son agence de communication et d’événementiel, porter le nom de Barclay constituait un atout évident. L’accord a été officialisé par les juges. Caroline a pu poursuivre ses projets sous cette identité publique, tout en obtenant une prestation financière pour assurer son indépendance. Une démarche pragmatique face à un homme habitué à ce que ses partenaires quittent le foyer sans compensation.
Si leur mariage a duré dix ans, le quotidien aux côtés d’Eddie Barclay demandait une disponibilité permanente. Le producteur souhaitait voir son épouse à ses côtés tous les jours de l’année, rythmés par les obligations sociales et les séjours sur la Côte d’Azur. La rupture s’est d’ailleurs dessinée lorsque Caroline a manifesté ses premières envies d’autonomie, notamment en participant à des courses automobiles sur les circuits de Formule 1 ou en travaillant ponctuellement pour la presse écrite. Refusant de rester cantonnée à un rôle d’hôtesse de luxe, elle a préféré accepter le divorce proposé par son mari plutôt que de renoncer à sa liberté d’action. Malgré la fin de leur histoire conjugale, les deux anciens époux sont restés complices jusqu’aux derniers jours du producteur.
Désormais sexagénaire, Caroline Barclay a totalement changé de mode de vie. Celle qui a partagé l’effervescence de la jet-set tropézienne privilégie des plaisirs beaucoup plus simples et discrets. Interrogée récemment sur son quotidien dans les colonnes de Gala, elle résume cette évolution personnelle sans regret : “Je ne recherche plus les grandes fêtes. Je préfère dîner au restaurant avec des amis et m’entourer de personnes qui ont une belle énergie". Mère de deux enfants nés d’une union ultérieure, elle savoure aujourd’hui une tranquillité loin des réceptions tapageuses, tout en gardant intact le souvenir d’une époque hors norme.