On la connaît à la télévision, où elle annonce depuis plus de vingt ans la pluie et le beau temps. Mais loin des écrans de CNews, où elle officie depuis son départ de BFMTV, Sandra Larue mène une autre vie, tout aussi intense, entre cours de yoga, soins bien-être et nouveaux projets. Prise dans ce tourbillon d’activités, elle a accepté de faire une pause pour se confier à Ode. Au fil de l’échange se dévoile une femme douce, curieuse et profondément à l’écoute, qui, chose assez rare pour être soulignée, pose aussi des questions au journaliste venu l’interroger. Aucun doute : chez cette passionnée de bien-être, la bienveillance n’est pas qu’un discours, mais une véritable façon d’être. Alors qu’elle fête ses 53 ans ce vendredi 11 septembre 2026, elle nous parle de sa vie et dévoile ses conseils pour rester en forme et se sentir mieux.
Avez-vous passé de bonnes vacances ?
Oui, c’était très calme. Je suis partie une semaine sur la côte atlantique, du côté du Pouliguen et de La Baule, en famille, puis en Méditerranée et à la montagne. J’ai vraiment essayé de tout couper.
Quel regard portez-vous sur cet été marqué par des phénomènes météo extrêmes ?
C’est terrible. J’exerce ce métier depuis plus de vingt ans et, chaque année, il semble se produire quelque chose de pire. Canicules, incendies, grêlons, tornades : les phénomènes deviennent de plus en plus violents et rapprochés. Cela ne cesse de s’aggraver.
Comment avez-vous vécu votre rentrée à la présentation de la météo sur CNews ?
Le premier pas est toujours le plus difficile, même après toutes ces années. Puis c’est comme si l’on n’était jamais parti : on revient avec davantage d’énergie et on se retrouve très vite dans le bain.
Après vingt-six ans d’antenne, vous ressentez donc encore du stress ?
Oui, toujours ! J’ai peut-être l’air à l’aise, mais je stresse encore avant un direct. J’essaie de respirer et le yoga m’aide probablement à garder la face.
On vous connaît comme journaliste météo, mais vous êtes en effet professeure de yoga. Comment cette autre vie a-t-elle commencé ?
Je suis sportive depuis l’enfance. À BFMTV, j’ai fini par ressentir le besoin d’autre chose. Je pratiquais déjà le yoga et je me suis demandé si je pouvais me professionnaliser. Je me suis notamment formée auprès de Mathieu Boldron, puis je me suis lancée dans l’enseignement. C’était aussi une façon de prendre de la distance avec une actualité souvent anxiogène, le stress et la pression.
Quels sont les bienfaits du yoga après 50 ans ?
Ils sont les mêmes à 20, 30 ou 50 ans, mais la pratique évolue. À 20 ans, on recherche peut-être davantage la performance. À 50 ans, le travail devient plus conscient, centré sur le souffle et le mental. Il est indispensable de conserver sa force musculaire, sa mobilité et son équilibre. Si l’on arrête de bouger, on finit par ne plus pouvoir bouger.
Avec l’âge, il faut écouter ses sensations, accepter ses limites du jour et privilégier la régularité. Le yoga permet de créer de l'espace, de reprendre conscience de sa respiration. Il réunit le corps, le mental et le souffle.
Vous pratiquez différents types de yoga : comment distinguer le Vinyasa, le Yin et le yoga aérien ?
Le Yin est un éloge de la lenteur. On reste longtemps dans des postures, avec des coussins et des briques, pour laisser les tissus se détendre. Cela permet de s’ancrer et de donner une pause au système nerveux. Le Vinyasa est plus dynamique : les postures s’enchaînent comme une chorégraphie, au rythme du souffle. Le yoga aérien se pratique dans un hamac. Il travaille la force et la mobilité et permet de se retrouver facilement la tête en bas. Il peut toutefois être déconseillé en cas d’hypertension, de glaucome ou après une opération récente. Il existe beaucoup de formes de yoga : chacun peut trouver la sienne.
Peut-on commencer après 50 ans lorsque l’on est très raide ?
Oui, sans problème. En yoga, on ne se regarde pas et on ne se compare pas. Ce n’est pas un sport de compétition. Je recommande cependant de débuter avec un professeur pour vérifier les alignements. La clé, c’est la régularité.
Existe-t-il des postures faciles que chacun peut pratiquer chez soi ?
Il n’y a pas vraiment de posture miracle. Pour commencer, on peut réaliser quelques postures douces ou une salutation au soleil, qui permet de réveiller progressivement tout le corps. On trouve facilement cet enchaînement en ligne, mais je conseille tout de même de suivre d’abord quelques cours avec un professeur. Il pourra vérifier votre alignement et vous expliquer quels muscles solliciter ou relâcher. Seul chez soi, on peut avoir l’impression d’être bien placé sans se rendre compte que ce n’est pas le cas.
Quel exercice simple conseillez-vous pour calmer le mental ?
Installez-vous dans la position la plus confortable, dans un endroit calme. Fermez les yeux, inspirez profondément par le nez, puis allongez l’expiration. Deux ou trois minutes de respiration consciente par jour peuvent déjà faire une différence si l’on est régulier.
Quelle erreur faut-il éviter lorsqu’on se remet au sport après 50 ans ?
Le piège consiste à prendre une résolution, à se lancer dans quatre ou cinq cours par semaine, puis à se dégoûter ou à se blesser et à tout arrêter au bout d’un mois. Mieux vaut une pratique raisonnable et régulière, qui fasse du bien au corps comme à la tête. Mais le plus important reste le plaisir. Sans plaisir, on ne tient pas dans le temps.
Pourquoi vous être aussi formée à la réflexologie, au drainage lymphatique et au Kobido ?
Je voulais prendre soin de la personne dans sa globalité. Après le yoga, je me suis intéressée à notre ancrage au sol, donc aux pieds, et je me suis formée pendant près d’un an à la réflexologie plantaire. Elle vise à aider le corps à retrouver son équilibre naturel. Je me suis ensuite formée au drainage lymphatique, puis au massage Kobido pour le visage. Je souhaite continuer avec les massages suédois et relaxants, ainsi qu’avec le Pilates. J’aimerais également organiser des retraites mêlant yoga et soins.
Vous semblez fourmiller de projets ou d'idées...
En fait, mon départ de BFM a été un déclencheur. Quitter vingt ans de salariat a été vertigineux. Cette sécurité disparaissait et j’ai eu très peur du vide. Depuis, je travaille encore davantage : je suis pigiste à CNews, j’enseigne le yoga et je propose mes soins. Le cap de la cinquantaine et ce changement de statut ont provoqué une véritable révolution dans ma vie. J’ai besoin de conserver la télévision, mais mon cœur va de plus en plus vers tout ce qui consiste à prendre soin de soi. Je travaille beaucoup, mais je suis plus épanouie. C’est mieux maintenant.
Vous exercez un métier d’image : comment vivez-vous les transformations physiques liées à l’âge ?
Je porte sur moi un regard de plus en plus doux. J’accepte les changements inévitables et je ne cherche plus absolument à être toujours plus mince, au point d’en faire presque une obsession lorsque j’étais plus jeune. Aujourd’hui, je cherche surtout à être plus forte et plus mobile. Je mange, je me fais plaisir et je parviens davantage à me détacher du regard des autres. Malgré les changements, je me sens finalement beaucoup mieux aujourd’hui.
Ces activités vous laissent-elles du temps pour votre vie privée ?
Oui, et je vais en avoir besoin. Mon fils va avoir 17 ans et entre en terminale, avec le baccalauréat à la fin de l’année. On va devoir le soutenir, notamment avec Parcoursup. Lorsqu’il aura commencé ses études, j’aurai davantage de liberté. Pour aller en Asie, par exemple.
Vous n’évoquez jamais votre compagnon : préfère-t-il rester dans l’ombre ?
Oui, il est complètement dans l’ombre. Sur les réseaux sociaux, certaines personnes me marient avec Guillaume Séchet, mon collègue de la météo, mais ce n’est absolument pas le cas ! Mais mon compagnon apparaîtra peut-être prochainement, puisque nous portons tous les deux un projet ensemble...
© Abaca Press, Zabulon Laurent/ABACA
Vous pouvez nous en dire plus ?
En parallèle de nos activités, nous lançons une marque de bijoux. Je voulais donner une incarnation au changement vécu en quittant BFMTV. Ces bijoux doivent me rappeler la décision qui a bouleversé ma vie : imaginer une existence nouvelle, me faire confiance et m’écouter.
Avec mon compagnon, nous avons appelé la marque « Libre », stylisée L-I-B-R. Ce nom fait écho à ce que des millions de femmes font ou rêvent de faire : changer de vie, vivre autrement et plus librement. À 50 ans, on peut entrer dans une nouvelle période et s’autoriser d’autres projets. La commercialisation doit commencer à la fin du mois de septembre.
Votre message est donc qu’il n’est jamais trop tard pour changer de vie ?
Exactement. Ce changement m’a demandé du temps et m’a fait très peur, mais chacun avance à son rythme. À n’importe quel âge, on peut décider de se faire confiance, de s’écouter et d’imaginer une autre vie.
Propos exclusifs ne pouvant être repris sans la mention Ode