Juré de Top Chef, figure incontournable de Cauchemar en cuisine et chef à la tête de plusieurs restaurants, Philippe Etchebest cumule les casquettes depuis plusieurs années. Ce Meilleur Ouvrier de France en 2000 a également décroché deux étoiles Michelin. Rappelons qu'il est né à Soissons, dans l’Aisne, mais qu'il a construit une grande partie de sa vie professionnelle et personnelle dans le Sud-Ouest. Bordeaux occupe ainsi une place toute particulière dans son parcours, au point que le chef revendique fièrement son appartenance à la ville.
Pour Philippe Etchebest, Bordeaux n’est pas simplement la ville où il travaille : c’est celle qu’il considère comme la sienne. Dans un entretien accordé à Femme Actuelle, le chef revient sur l’évolution spectaculaire de la scène gastronomique bordelaise, dont il est l'un des grands acteurs aujourd'hui. "Pendant longtemps, Bordeaux était considérée comme la 'Belle Endormie'. La gastronomie y était un peu en retrait, étouffée par le prestige du vin. Dans les années 80, des chefs comme Jean-Marie Amat, Francis Garcia ou Michel Carrère ont commencé à faire bouger les choses, se souvient Philippe Etchebest qui développe une autre activité loin des fourneaux. Aujourd'hui, ça s'est énormément développé avec l'arrivée de jeunes chefs. Il y a même presque trop de restaurants par rapport au nombre d'habitants ! Tout le monde peut ouvrir un restaurant, c'est un combat que je mène depuis des années. Mais à côté de ça, Bordeaux est devenue une ville beaucoup plus dynamique, plus jeune et plus festive." Et lorsqu’on lui demande depuis quand il y vit, sa réponse témoigne de cet attachement : "Je suis arrivé en 1978 à Bordeaux avec mes parents. J'ai travaillé 15 ans à Saint-Emilion. C'est chez moi, j'assume et je porte haut et fort les couleurs de ma ville."
Et lorsque le rythme professionnel devient trop intense, Philippe Etchebest dispose d’un autre point de chute, cette fois en Dordogne. Le chef possède une ferme dans le Bergeracois, où il aime se retrouver avec son épouse Dominique et leur fils Oscar-Louis. C’est notamment dans cette propriété qu’il avait choisi de passer le confinement en 2020, loin de l’agitation et des sollicitations. "Je suis avec mon épouse et mon fils. Là où je suis, je ne capte pas, il n'y a personne. Je viens tout le temps. On se coupe du monde et on reste tranquille, en famille. C'est un endroit où on s'isole. Là, je continue, sauf que ce sera un peu plus long", expliquait-il alors à Konbini. Cette parenthèse familiale est également rythmée par des moments d'échange avec les animaux, notamment les chevaux, puisque Dominique est passionnée d’équitation, ainsi que deux chiens. "J'aime les animaux, et le rapport que l'on a avec eux car ils ne trichent pas, il ne mentent pas", confiait encore le chef. Entre Bordeaux, le bassin d’Arcachon et cette ferme du Bergeracois, Philippe Etchebest a donc plusieurs façons de rester connecté à cette région du Sud-Ouest qui est devenue son véritable territoire de cœur.