Une légende de la chanson. A 91 ans et après plus de 60 ans de carrière, la plus française des chanteuses grecques était mise à l'honneur de la 41e cérémonie des Victoires de la musique. L'événement, présenté par Cyril Féraud et Helena Noguerra, était diffusé en direct vendredi 13 février sur France 2 depuis la Seine Musicale de Boulogne-Billancourt. Nana Mouskouri était accueillie sur la scène des Victoires de la musique par de nombreux artistes qui ont souhaité lui rendre hommage.
Dans une vidéo d'hommage, Line Renaud a murmuré en voix off : "C'est fou ce que tu as accompli. Tu chantes comme tu respires [...] Je t'aime fort, ma Nana", avant que son grand ami Serge Lama ne lui adresse ses meilleurs vœux chantés en reprenant son titre Une île. L'artiste aux 15 millions d'albums vendus en France et plus de 1 550 chansons enregistrées a ensuite été rejoint sur scène par Isabelle Boulay, qui a interprété L'amour en héritage, suivie par Vincent Dedienne et Valérie Lemercier, qui ont entonné main dans la main la chanson Quand on s'aime.
Mais le clou du spectacle a été posé par l'arrivée surprise d'un autre éminent représentant de la Grèce en hexagone. Pour cette occasion spéciale, Nikos Aliagas, présentateur historique de TF1, a exceptionnellement changé de chaîne pour rejoindre Cyril Féraud sur la Deux. "Toi et moi sur la même scène, cette image n’existe pas normalement", se sont amusé les deux animateurs, avant que le présentateur de The Voice n'adresse quelques mots à la reine de la soirée.
Nikos Aliagas a fait le déplacement spécialement pour remettre son prix, une Victoire d'honneur, à Nana Mouskouri. "Ma très chère Nana... Je ne vais pas parler de chiffres, tu les as tous battus", a notamment déclaré le mari de Tina Grigoriou, sur la scène de Victoires de la musique, avant de féliciter son interlocutrice pour ses succès dans le monde entier : "Tu as prouvé qu'on pouvait être universel sans renier ses racines", a-t-il ajouté avec émotion.
Au lendemain de cette soirée historique, le présentateur de la Star Academy qui a récemment couronné Ambre est revenu pour le Parisien sur cette expérience. "C'est la production des Victoires qui me l’a proposé pour rendre hommage à Nana. J’avais envie d’être là pour elle. Alors, j’ai évidemment demandé à TF1 si c’était possible. Et la chaîne m’a répondu rapidement : 'OK, pas de souci'. C’était assez simple en fait", a-t-il expliqué à nos confrères.
Une situation délicate pour le présentateur d'origine grecque puisqu'il a dû garder le secret jusqu'au jour J : "Peu de temps après, Nana m’a appelé un jour en me disant : 'On va m’honorer la télé française. Est-ce que tu peux venir ?'. Elle me mettait la pression. J’ai dû lui mentir et lui dire : 'Je ne peux pas, je travaille '. Mais je ne pouvais pas ne pas être là". Auprès des journalistes du quotidien régional, Nikos Aliagas s'est permis de rendre hommage à cette athénienne au parcours incroyable qui a fait la fierté de tout un pays.
"Elle est importante Nana. À son époque, dans les années 1960, une jeune femme qui part d’Athènes, ne connaît personne, fait sa place dans le show-business, sans essayer de devenir une autre… Elle a vécu tellement de choses, elle te dit : ' Tiens hier j’ai eu Bob'. Bob ? 'Oui Bob Dylan… Et puis j’ai parlé il n’y a pas longtemps à Paul… McCartney'. Après, elle te raconte des souvenirs avec Leonard Cohen. On s’appelle souvent, on discute, je lui demande des conseils. C’est une légende et elle ne s’en rend pas compte", a-t-il expliqué.
S'il est habitué à présenter des émissions en direct, partager la scène avec l'animateur de Tout le monde veut prendre sa place et la sœur de Lio présentait un nouveau défi pour l'animateur de 56 ans. "C’est vrai que ça m’a surpris et honoré. Et ça m’a mis une pression dingue. Parce que c’est un registre particulier et tu n’arrives pas là en faisant l’animateur, même si Cyril Féraud m’a fait un petit clin d’œil. Je ne savais pas que j’allais faire le lancement de Théodora après. Mais bon, moi tu me chauffes, j’y vais !", s'est-il rappelé.
Un challenge que Nikos Aliagas a relevé avec naturel pour la bonne cause, mais aussi et surtout pour faire plaisir à son amie qu'il connaît depuis de nombreuses années : "Pour Nana, il fallait trouver le ton juste. J’avais écrit deux trois petits trucs et après je l’ai fait freestyle. Je voulais que Nana soit heureuse, l’honorer. Il n’y avait aucun autre enjeu". Un beau moment de télévision.
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