Jusqu’au 28 mars, Fanny Ardant se trouve à Marseille où elle interprète La blessure et la soif au théâtre des Bernardines. Dans cette pièce mise en scène par Catherine Schaub, l’actrice incarne, seule en scène, Madame de Clermont, une femme du XVIIᵉ siècle emportée par une passion absolue. “C’est une joie pour moi de jouer des personnages irrationnels, passionnés, emportés par leurs convictions, leurs passions, à leurs risques et périls, a confié Fanny au site internet du département du Vaucluse, dans lequel elle a précédemment joué. J’admire chez Madame de Clermont sa liberté, sa capacité à sortir de sa caste, de mettre en péril une vie toute tracée et tranquille, de se lancer à corps perdu dans un amour fou, le vivre contre vents et marées, sa ténacité malgré les obstacles, sa foi, son abnégation.”
Élevée par un père officier de cavalerie et une mère “issue d’une famille bourgeoise”, la native de Saumur (Maine-et-Loire) garde un souvenir ébloui de son enfance. “Mes parents s’adoraient, mes grands-parents aussi, a-t-elle confié au journal Le Monde en 2021. C’est sûrement pour cela que j’ai mis l’amour au-dessus de tout (…) J’ai des souvenirs magiques de cette enfance même si j’étais déjà asociale : je ne sortais pas, je n’avais pas d’amis, mais je n’en souffrais pas.” Très jeune, Madame de Clermont a été mariée à un homme qu’elle ne connaissait pas et dont elle a eu quatre enfants. Fanny Ardant ne s’est jamais mariée et a confié à l’émission En Aparté (sur Canal+) : "À quoi bon passer trois fois devant Monsieur le maire ? Moi ce que j'aime, ce sont les promesses qu'on ne peut plus reprendre." “Je crois que je serai incapable d'honorer ce contrat-là, avait-elle complété dans Le Point. Un homme et une femme mariés à vie, et qui s'aiment encore, je pourrais tomber à genoux devant eux. Ça vaut bien Notre-Dame. C'est un chef-d'œuvre d’amour.”
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En revanche, la comédienne a eu presque autant d’enfants que Madame de Clermont : trois filles de trois pères différents. Avec le comédien Dominique Leverd, elle a donné naissance à Lumir (50 ans). L’amour de sa vie, le réalisateur François Truffaut, lui a donné Joséphine, née le 28 septembre 1983, trois semaines avant la mort de Truffaut d’un cancer. Enfin Baladine (36 ans) a pour papa Fabio Conversi, qui a remporté l'Oscar du meilleur producteur pour le film La Grande Bellezza (2013). Les trois filles ont suivi des chemins différents. Lumir a travaillé dans des galeries d'art et organise des expositions, notamment à Lisbonne, au Portugal. Mariée en 2008, elle a fait de Fanny une grand-mère avec le petit Swann né en 2009. Très discrète, Joséphine est psychologue. Elle a grandi dans la douleur de ne jamais connaitre son père. Elle ne connaît de lui que les lettres qu’il lui a adressées avant de partir. Comme celle-ci : “Quand tu auras treize ans, nous fuguerons ensemble un mercredi, et nous irons... au cinéma.” Enfin, après avoir été actrice, Baladine est devenue assistante sur une série comme sur Derby Girl ou des films comme This must be the place, Youth ou… La grande Bellezza. Récemment, elle a travaillé sur le long-métrage Amusia dans lequel joue sa mère.
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Après la mort de François Truffaut, ses enfants ont été la planche de salut de Fanny Ardant. “J’ai élevé mes trois filles seule, ça m’a donné envie de vivre, même si je suis toujours restée femme, a-t-elle expliqué au Monde. Être mère m’a empêchée de m’enfoncer. Ça m’a sauvée et ça m’a permis d’arriver où j’en suis quels que soient les épreuves, les chagrins, les échecs. D’avoir été très malheureuse m’a rendue meilleure, c’est comme si je me délestais de ma colère. Les plus grands naufrages de ma vie ont été les gens que j’ai perdus, mais j’ai compris que ce n’était pas pour cela que je n’aimerais plus la vie. C’est difficile à tuer la vie.” L’amitié aussi : pour tenir l’affiche de sa future cinquième réalisation – le film Elle regardait sans plus rien voir – celle qui a passé son enfance à Monaco a choisi une tête d’affiche nommée Gérard Depardieu, boudé par le cinéma français depuis ses problèmes avec la justice. “J’aime les excès, les gens peu fréquentables, je n’aime pas les bien-pensants. Je ne cherche pas à provoquer, mais je ne veux pas qu’on me dise ce que je dois dire, penser”, assure Fanny Ardant, véritable Madame de Clermont du XXIe siècle.
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