C’est une page importante de sa carrière qui s’apprête à se tourner. Anne-Sophie Pic, considérée comme la cheffe la plus étoilée au monde, va prochainement quitter les cuisines du Beau-Rivage Palace. Il s’agit de l’un des établissements les plus prestigieux de Lausanne, en Suisse. Une adresse à laquelle elle est particulièrement attachée. Elle y avait ouvert son tout premier restaurant en dehors de la France, en avril 2009. Dix-sept ans plus tard, cette belle aventure gastronomique touche à sa fin.
Le 31 décembre prochain, la célèbre cheffe assurera son dernier service dans ce palace situé au bord du lac Léman. Elle laisse derrière elle une table devenue incontournable dans le paysage culinaire suisse. Cette séparation n’était pourtant pas vraiment prévue. Fin mars 2026, la direction du Beau-Rivage Palace avait annoncé sa décision de ne pas renouveler le contrat qui la liait à Anne-Sophie Pic. Une nouvelle qui avait surpris les amateurs de gastronomie, mais également la principale intéressée. La cheffe française n’avait d’ailleurs pas caché son incompréhension, évoquant une “décision brutale” comme l’indique le média RTS. Il faut dire que cette collaboration avait permis à son restaurant de décrocher deux étoiles au Guide Michelin. Une distinction particulièrement prestigieuse dans le monde de la haute gastronomie.
Au fil des années, Anne-Sophie Pic avait imposé sa signature culinaire dans ce cadre exceptionnel. Le restaurant avait même bénéficié d’une importante rénovation à l’automne 2024, laissant présager la poursuite de cette aventure. Mais malgré son prestige et sa réputation internationale, l’établissement aurait rencontré certaines difficultés à remplir ses services du déjeuner. Le prix du menu d’affaires avait été revu à la baisse, passant de 160 à 120 francs suisses. De son côté, la direction du palace a surtout justifié sa décision par une volonté de faire évoluer sa stratégie gastronomique. L’objectif affiché était désormais de confier les cuisines à un chef résident, présent quotidiennement au sein de l’établissement.
Jusqu’à présent, la cuisine imaginée par Anne-Sophie Pic était orchestrée sur place par Jordan Theurillat. Une organisation que le Beau-Rivage Palace a donc choisi de faire évoluer. Restait alors une question : qui allait avoir la lourde responsabilité de succéder à une cheffe aussi renommée ? Après plusieurs semaines de spéculations, le nom de son remplaçant a finalement été dévoilé. Et c’est un jeune talent de la gastronomie française qui a été choisi pour relever ce défi. C’est Simon Quétineau qui prendra les commandes du restaurant gastronomique du Beau-Rivage Palace au printemps 2027. Sa nomination, annoncée le 28 octobre 2026 et relayée notamment par Gault&Millau, marque le début d’une nouvelle ère pour cette adresse emblématique de Lausanne.
Si son nom est encore moins connu du grand public que celui d’Anne-Sophie Pic, le chef français possède déjà un parcours particulièrement prometteur. Actuellement installé à Genève, il occupe le poste de chef de cuisine de L’Atelier Robuchon, au sein de l’hôtel The Woodward, sous la direction du chef exécutif Olivier Jean. Une expérience particulièrement formatrice puisque cette table genevoise possède deux étoiles au Guide Michelin également. Mais avant de rejoindre cet établissement, Simon Quétineau a également fait ses armes auprès de plusieurs grands noms de la gastronomie française. Il a travaillé aux côtés de Christophe Bacquié, chef doublement étoilé, ainsi que de Michel Guérard, figure incontournable de la cuisine française, récompensé de trois étoiles Michelin et décédé en 2024.
Pour le Beau-Rivage Palace, cette nomination représente bien davantage qu’un simple changement de chef. L’établissement souhaite donner une nouvelle identité à sa table gastronomique, tout en conservant le niveau d’excellence qui a fait sa réputation. Dans son communiqué, la direction explique ainsi vouloir défendre “une Belle Cuisine, où chaque geste fait écho à l’excellence d’un savoir-faire humble et exigeant”. Le futur restaurant devrait également accorder une place importante aux artisans et aux producteurs de la région lémanique, que Simon Quétineau connaît déjà grâce à son expérience en Suisse. Pour l’heure, le nom de cette nouvelle table et les détails de sa future carte n’ont pas encore été dévoilés. Les amateurs de gastronomie devront donc patienter encore quelques mois pour découvrir l’univers que le chef français entend développer.