En février 2024, la comédie Cocorico sortait sur les écrans français et réalisait deux millions d’entrées. Dans ce film, Christian Clavier interprète Frédéric Bouvier-Sauvage, un viticulteur et descendant d'aristocrates français qui refuse que sa fille épouse le fils du “roturier” Gérard Martin, joué par Didier Bourdon. Jusqu’à ce Frédéric découvre, via un test ADN, qu'il possède 15% d'origines cherokees. Dans Cocorico 2, qui sort au cinéma ce mercredi 8 avril, il va se découvrir un cousin inattendu… La famille, c’est un des thèmes favoris de la filmographie de Christian Clavier, que ce soit dans Papy fait de la Résistance (1983), Les Visiteurs (1993) ou Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu ? (2014). C’est bien normal car ce champion incontesté du box-office hexagonal sait très bien ce qu’il doit à la sienne…
Jean Clavier, son papa, était chirurgien ORL à Neuilly-sur-Seine. Et sa mère, Phanette Rousset-Rouard, femme au foyer. Pour interpréter ses rôles fétiches de grands bourgeois, Christian s’est beaucoup inspiré de son milieu de naissance. Et ses débuts au cinéma doivent beaucoup à Yves Rousset-Rouard, son oncle maternel. Grand producteur, Yves a financé la série des films Emmanuelle qui ont réalisé des millions d’entrées dans les années 1970. C’est donc naturellement vers lui que son neveu s’est tourné quand est né le projet d’adapter Amours, Coquillages et Crustacés, la pièce de théâtre de la troupe du Splendid, sur grand écran. Le résultat, Les Bronzés (1978), a réalisé 2,2 millions d'entrée avant de devenir culte. Un an plus tard, naît l’idée de lui trouver une suite. Ce sera Les Bronzés font du ski (1979), autre perle iconique aux 1,5 million d'entrées réalisée par Patrice Leconte. Un succès qui doit énormément à Stéphane Clavier…le frère cadet de trois ans – et quasi-jumeau – de Christian, alors établi à Val d’Isère (Savoie).
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“Stéphane Clavier était moniteur à l’Ecole du ski français (ESF) locale, se souvenait Patrice Leconte dans le journal Le Monde en 2023. Il nous y a présenté l’incontournable Fernand Bonnevie, le vieux moniteur qui martyrise Jean-Claude Dusse (Michel Blanc) à cause de son planter de bâton défectueux. Il avait une peau tannée par le soleil et il a joué le jeu parfaitement.” En 2022 dans le quotidien local Le Dauphiné Libéré, Stéphane avait déroulé ses souvenirs, un sourire aux lèvres. “Les Bronzés font du ski j'en suis effectivement un peu responsable parce que j'étais j'habitais à Val-d'Isère et mon oncle était le producteur, expliquait-il. Il voulait tourner à Megève et je lui avais dit de faire attention parce qu’entre mars et mai, quand avait lieu le tournage, il risquait de manquer de neige. Ici (à Val d’Isère, NDLR), je connaissais tout le monde et je pouvais très vite facilement trouver des décors des petits rôles, préparer le film d'une manière beaucoup plus simple que s'il avait fait sur Megève.”
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À 23 ans, Stéphane Clavier devient donc deuxième assistant réalisateur sur Les Bronzés font du ski. “J'ai même été payé par la production pour apprendre à skier à Josiane Balasko une semaine avant le tournage, se souvient t-il. Elle n’était pas douée du tout mais elle était de très bonne volonté.” Effectuant un travail de repérage et de casting, il est également à l’origine de la fameuse scène où Popeye (Thierry Lhermitte) et ses amis se perdent dans la montagne : “On s'est retrouvés en ‘jour blanc’ au sommet de l'aiguille de la Grande Sassière. Là on a été obligés de redescendre avec un guide une partie de l'équipe à pied et à ski jusqu'au fond des gorges avec un matériel qui était bloqué pendant trois jours.” Stéphane Clavier a ensuite connu une belle carrière. Il a été assistant réalisateur sur une vingtaine de longs-métrages de Gérard Oury, Claude Zidi ou encore Jean Becker. Il a lui-même réalisé des films comme La Voie est libre (1998) ou Lovely Rita, sainte patronne des cas désespérés (2003) avec son frère Christian. Il a aussi mis en scène plus de 150 spots de publicité entre 1986 et 2003. Sans compter des clips musicaux comme Bamboleo (1987) pour les Gipsy Kings. En 2016, sur le site de son agente Lise Arif, Stéphane payait sa dette aux Bronzés font du ski : “Ce fut une expérience extraordinaire qui m’a donné envie de poursuivre dans cette voie. C’est ainsi que j’ai commencé ma carrière.” Lui aussi peut remercier Christian, son grand frère.
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