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La Guerre des boutons : Deux films, une situation incroyable... Explications

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Situation ubuesque et inédite dans le cinéma français : deux versions cinématographiques de l'oeuvre de Louis Pergaud, La Guerre des Boutons, vont débarquer au cinéma, à seulement une semaine d'intervalle ! Les histoires diffèrent quelque peu, le casting aussi, mais cela n'empêche pas d'être plus qu'interloqué devant cette situation et de se mélanger ses pinceaux. Purepeople.com se propose d'éclaircir un peu tout ceci.

Le contexte des deux guerres

Comment en est-on arrivé là ? C'est la première question que l'on peut se poser, en regardant les affiches de La Guerre des boutons, réalisation de Yann Samuell, et celles de Christophe Barratier, dont le film est intitulé La Nouvelle Guerre des boutons, attention à la nuance !

Les droits du livre de Louis Pergaud, La Guerre des boutons (1912), tombant dans le domaine public, les producteurs se frottaient les mains. D'un côté, il y a Marc du Pontavice qui est parti le premier, choisissant le réalisateur de Jeux d'enfants, Yann Samuell. Sans savoir qu'il avait été précédé, Thomas Langmann - fils de feu Claude Berri - s'est également lancé dans l'aventure, six semaines plus tard. La casquette de cinéaste est sur la tête de Christophe Barratier, qui souhaitait adapter l'oeuvre depuis bien longtemps.

Les causes supposées

Dans ce genre de cas, l'un des producteurs renonce au projet, ou bien décale véritablement sa sortie. Mais sachant qu'ils ont tous deux beaucoup investi - on parle de budget de 13 millions d'euros d'un côté (Samuell), 16 millions pour l'autre (Barratier) -, beaucoup travaillé dessus, et que le premier film sorti a le plus de chance de faire le plus d'entrées, ni Pontavice, ni Langmann ne va lâcher le morceau.

La Guerre des boutons se transforme en guerre d'égo : pour reprendre les mots de Fabrice Leclerc, rédacteur en chef du mensuel Studio Cinélive, interrogé par France Info, c'est à celui qui aura "la plus grosse"... Une expression peu élégante pour une situation qui consterne une bonne partie du monde du cinéma.

Pour Fabrice Leclerc, les responsables de cette confrontation sont peut-être les chaînes de télé qui ont investi dans le film. TF1 n'a pas voulu choisir, mettant des sous dans les deux productions, Canal+ a opté pour Barratier et Langmann, mais sa filiale TPS finance la Guerre de Samuell. Sans argent, les films n'auraient pas pu être montés, les investissements des chaînes ont donc alimenté, voire concrétisé cette bataille.

Les forces en présence

Revenons maintenant aux oeuvres à proprement parler. A part le mot "nouvelle" qui différencie les titres des deux films, la distribution montre les partis pris des deux réalisations. Pour La Guerre des boutons de Yann Samuell, produite par Marc du Pontavice, s'imposent Mathilde Seigner, Eric Elmosnino, Fred Testot et Alain Chabat. Il y a l'aura populaire de Mathilde, actrice talentueuse aux valeurs terriennes qui touchent grand nombre de français. Acclamé dans Gainsbourg (vie héroïque), Eric Elmosnino apporte quant à lui une immense humanité et tendresse à son rôle d'instituteur, s'effaçant derrière son personnage. Enfin, les acteurs comiques que sont Chabat et Testot promettent des scènes hilarantes.

En observant le casting de La Nouvelle Guerre, celle de Barratier, les impressions sont différentes. Avec Laetitia Casta, c'est le glamour naturel qui se répand, tandis que Guillaume Canet, chouchou avec ses Petits Mouchoirs, possède un gros potentiel de sympathie chic. De plus, réalisateur des Choristes, Christophe Barratier retrouve Gérard Jugnot et Kad Merad, des comédiens-stars, mais toutefois ultra-présents, surtout Kad. Plus lisse, mais peut-être plus vendeuse aux premiers abords, la distribution de son film mise sur des acteurs très bankable.

Les champs de bataille

Autres divergences entre les deux adaptations : l'époque. Tandis que la version de 1962 signée Yves Robert, et qui a réalisé près de 10 millions d'entrées, se déroulait dans ces mêmes années 1960, Christophe Barratier a choisi de situer son histoire durant la Seconde Guerre mondiale, dans la France occupée et d'insérer le personnage d'une fillette juive, menacée par les rafles.

Pour l'oeuvre de Yann Samuell, les événements se déroulent à la même période que celle d'Yves Robert. Cependant, avec comme arrière-plan, la Guerre d'Algérie, l'histoire a été retravaillée, modernisée et véhicule des valeurs moins belliqueuses. Certes, on s'y affronte toujours à coups de bastonnages, mais le message final pacifiste et féministe n'existait pas dans le livre. Une adaptation qui peut paraître politiquement correct, ou tout simplement plus progressiste. Et c'est tant mieux.

Les stratégies

La sortie des salles est un point majeur pour ces films. Celui qui débarquera en salles le plus tôt a le plus de chance de faire le plus grand nombre d'entrées. A l'origine, Marc du Pontavice avait décidé de programmer la sortie de sa production en novembre. C'est alors que Thomas Langmann a placé sa date en septembre, le 21 et le réalisateur aurait même triplé son équipe selon France Info pour sortir son long métrage en temps et en heure. Au même moment, Marc du Pontavice place son film le 14 septembre.

Côté promotion, Mathilde Seigner a cumulé les interviews dans les magazines : Psychologies, Femme actuelle, Paris Match... sans parler de ses interventions lors de la matinale d'Europe 1 ou au Grand Journal, cette fois-ci accompagnée du Nul Alain Chabat et de Fred Testot, deux membres rigolos de la famille Canal+, d'ailleurs. Quant à La Nouvelle Guerre des boutons, Laetitia Casta et Guillaume Canet ont été les invités de Michel Drucker et de son incontournable Vivement dimanche.

L'après-guerre

Qui sera le gagnant de cette guerre des Guerres ? Difficile de parier, tant les productions affichent des armes différentes et surtout, qu'on ne peut prévoir une donnée : l'avis des spectateurs. Purepeople.com ayant vu et été beaucoup touché par la Guerre des boutons de Yann Samuell, on serait tenté de croire que cette ode très sincère à l'enfance va conquérir petits et grands, tandis que la version de Barratier semble plutôt jouer sur la carte des acquis rétro des Choristes, avec un casting glamour. Attendons de voir ce long métrage pour se prononcer définitivement.

Pour comparer les résultats des deux Guerres des boutons, le réseau social spécialisé en cinéma Vodkaster a mis en place un tableau de bord mettant à jour les chiffres du box-office quotidien (en partenariat avec Mediamétrie), les fans Facebook, les notes et les avis des internautes. Comme on lit sur le site : Il ne reste plus qu'à choisir son camp.

Chronologie

- 14 septembre : Sortie de La Guerre des boutons, de Yann Samuell, avec Mathilde Seigner, Eric Elmosnino, Fred Testot et Alain Chabat, production de Marc du Pontavice.

- 21 septembre : Sortie de La Nouvelle Guerre des Boutons, de Christophe Barratier, avec Guillaume Canet, Laetitia Casta, Kad Merad et Gérard Jugnot, production de Thomas Langmann.

- 12 octobre : Nouvelle sortie de La Guerre des Boutons d'Yves Robert de 1962. Eh oui, pour les nostalgiques, ce long métrage sera distribué dans les salles françaises dans une version restaurée au format numérique seulement et sous la bannière de la Gaumont. C'est uniquement dans ce long métrage classique d'Yves Robert que vous entendrez la fameuse réplique "Si j'avais su, j'aurais pas venu !" puisqu'elle ne vient pas du livre, mais du scénario du film. La veuve d'Yves Robert, Danièle Delorme avait fermement déclaré que cette célèbre phrase appartenait au film de son défunt époux, et que les réalisateurs des nouvelles adaptations devaient s'efforcer de trouver eux-mêmes leurs futures répliques cultes.


Samya Yakoubaly

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