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Cannes 2011 : Le cinéma français va-t-il gagner une nouvelle Palme d'or ?

Maïwenn réalise et joue avec Joey Starr dans  Polisse , présent dans la sélection officielle de Cannes en 2011
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Jeudi 14 avril 2011, Gilles Jacob et Thierry Frémaux ont tenu la traditionnelle conférence de presse pour annoncer la sélection des films qui ont été choisis pour le Festival de Cannes. La liste la plus importante, et donc dévoilée en dernier, était celle des films en compétition. Ils sont au nombre de 19, et parmi eux, 3 oeuvres françaises. L'une d'elles a-t-elle les épaules assez larges pour franchir tous les obstacles et aller glaner une Palme d'or que l'Hexagone n'a célébré que deux fois ces quarante-cinq dernières années ? Entre Maïwenn, la jeune et talentueuse réalisatrice qui vient pour la première fois à Cannes, Bertrand Bonello, déjà présent sur la Croisette en sélection officielle pour Tiresia en 2003 et bel outsider, et le très intimiste Alain Cavalier (Thérèse), on se dit que le cinéma d'auteur à de beaux éléments... Au point de viser la victoire ?

Un historique prometteur ?

Dans l'Histoire du Festival de Cannes (depuis 1945 malgré une édition en 1939), les films français qui ont réussi l'exploit de convaincre le jury et de glaner la branche tant convoitée ne sont pas si rares. Mais depuis vingt ans, c'est dur ! Au 21e siècle, seul Laurent Cantet y est parvenu avec Entre les murs en 2008. Avant lui, il faut remonter à Maurice Pialat (1987) et son sulfureux Sous le soleil de Satan pour voir un film hexagonal repartir avec les honneurs suprêmes. C'est durant ses balbutiements, quand le Festival de Cannes cherchait son langage, que la France a su tirer son épingle du jeu. Les jurys de l'époque avaient un mal fou à se déterminer sur le film qui symboliserait l'année cannoise. D'où de nombreux films ex aequo en 1946, 1947, 1951, 1952, 1961, 1966... Ces années-là, la Symphonie Pastorale, Antoine et Antoinette, les Maudits, Une aussi longue absence ou Un Homme et une Femme ont fait gagner la France sur ses terres, mais jamais seule.

Une particularité qui s'est atténuée au fil du temps. Du coup, les films français qui se sont distingués en gagnant seuls une Palme d'or sont moins nombreux, mais restent mythiques. Le Salaire de la Peur, d'Henri-George Clouzot, est l'oeuvre maîtresse de l'année 1953. Depuis le Venezuela et sous le risque de la nitroglycérine, Yves Montand et Charles Vanel ont fait triompher la France jusqu'à ce qu'Orphée et Eurydice ne débarquent à Rio et que Marcel Camus n'en fasse son flamboyant Orfeu Negro, primé en 1959. Cinq ans plus tard, Les Parapluies de Cherbourg de Jacques Demy remporte aussi une Palme d'or. C'est une des rares comédies musicales qui aura été consacrée de la sorte, avec Dancer in the Dark de Lars Von Trier en 2000. Et Catherine Deneuve est présente au générique des deux !

Sous le soleil de Satan est le dernier film français à avoir remporté la Palme au 20e siècle. Ce drame avec Gérard Depardieu et une Sandrine Bonnairedébonnaire en mangeuse d'hommes. En compétition avec Les Ailes du Désir de Wim Wenders, Pialat avait été sifflé par une partie de la salle lorsqu'on lui avait remis la Palme. Mais il s'était enorgueilli des critiques : "Je ne vais pas faillir à ma réputation : je suis surtout content ce soir pour tous les cris et les sifflets que vous m'adressez. Et si vous ne m'aimez pas, je peux vous dire que je ne vous aime pas non plus". Un jour qui est resté dans toutes les mémoires. Puis vint Laurent Cantet, salué par le très politisé Sean Penn (président du jury) pour sa fresque sociale sur le système scolaire français en faillite dans les banlieues...

Les chances de la France en 2011

Depuis, plus rien. Certes, Entre les murs a reçu l'offrande il y seulement trois ans. D'autres pays sont bien plus mal lotis, car avec 10 Palmes d'or, la France est troisième d'un classement général dominé par les Etats-Unis avec 19 Palmes. Puis vient l'Italie avec 11 Palmes, et la France donc... Cette année, le film Polisse de Maïwenn, dans lequel elle joue également, aux côtés de JoeyStarr, Karin Viard, Marina Foïs et Nicolas Duvauchelle, est attendu. Il s'agit d'un long métrage sur le quotidien de la brigade de la Protection des Mineurs en région parisienne. Après le Bal des Actrices, on sait ce dont est capable cette jeune actrice et réalisatrice qui raffole des mises en abîmes et de la psychologie, des femmes en particulier.

Avec Pater, Alain Cavalier s'intéressera plus aux hommes, au père, comme son titre l'indique. Il mettra en scène le "fatigant" Vincent Lindon et Cavalier lui-même dans une réflexion sur la relation entre celui qui filme et celui qui est filmé au-delà des plateaux. "Le cinéaste et le comédien, le président et son premier ministre, Alain Cavalier et Vincent Lindon. Vous les verrez à la fois dans la vie et dans une fiction qu'ils ont inventée ensemble [dans Pater]," expliquait Alain Cavalier au journal Le Monde en 2009. Autant dire que cette oeuvre intimiste et comique sur un délire à deux, comédien et réalisateur, tournée à l'arrachée pendant les moments libres de l'acteur, devrait faire son petit effet durant la quinzaine.

L'Apollonide (Souvenirs d'une maison close) avec Hafsia Herzi, Adèle Haenel et Jasmine Trinca semble moins connu, mais il est signé du mélomane Bertrand Bonello, un réalisateur très apprécié du Festival pour sa recherche intellectuelle et psychologique. Avec Tiresia, film sur un transsexuel brésilien en compétition officielle à Cannes en 2003, le réalisateur marque la Croisette. Tout comme son court métrage Cindy : The doll is Mine avec uneAsia Argento seule en scène et troublante. Avec L'Apollonide, l'histoire d'une prostituée défigurée à vie par un homme et qui affiche un sourire monstrueux, on s'attend à de vives réactions dans les salles obscures ! Et cela pourrait être une belle surprise. Les trois films entrent plutôt dans la catégorie des films d'auteurs et auront peut-être du mal à trouver leur résonnance au sein d'un jury hétérogène. Le particularisme peut-il convaincre tout le monde ? On pense que oui, surtout quand on sait que le Festival s'attèle à promouvoir les films singuliers, à en être l'écrin, à les mettre en valeur.

Une rude concurrence. Trop rude ?

Mais cette année, de nombreuses têtes d'affiches sont en lice, et certaines connaissent la sensation de recevoir la Palme d'or des mains du président du jury cannois. Les frères Dardenne concourront pour leur troisième Palme avec le Gamin au vélo après Rosetta en 1999 et L'Enfant en 2005. Nanni Moretti en 2005 (La chambre du fils) et Lars Von Trier en 2000 (Dancer in the Dark) connaissent eux aussi ce bonheur. L'Italien défendra cette année (avec foi) un film sur... le Pape, intitulé Habemus Papam. Le Danois vient lui avec Melancholia dans ses bagages, un film de science-fiction avec Kirsten Dunst et Charlotte Gainsbourg. Pedro Almodovar, un autre habitué des marches cannoises, un grand déçu aussi puisqu'il n'a jamais gagné la Palme d'or, va concourir pour la 5e fois aux honneurs suprêmes. Avec La Piel que Habito, le professionnel de la Movida a fait entrer Antonio Banderas dans la peau d'un chirurgien esthétique prêt à venger sa fille. Prometteur, mais le film n'est pas spécialement taillé pour Cannes.

Les films favoris, où du moins ceux qui semblent se dégager avant même que le Festival n'ait commencé, quels sont-ils ? Le plus clinquant, c'est sans conteste celui de Terrence Malick, The Tree of Life. De loin, le casting du film sera le plus glamour de la Croisette. Sean Penn, a qui on prête une idylle avec Scarlett Johansson, et Brad Pitt, qui partage sa vie avec Angelina Jolie, sont à l'affiche de ce film sur la vie, aux côtés de la sublime Jessica Chastain... Cela promet ! Enfin, celle qui pourrait constituer une réelle surprise, c'est la Britannique Julia Leigh, avec son Sleeping Beauty. La belle et diaphane Emily Browning, star de Sucker Punch, tient le rôle principal de ce film sur les réseaux de "filles endormies". Sobre, en papier glacé, le film s'annonce frais !

Alors, la France a-t-elle sa carte à jouer face à ces monstres sacrés ? Le Festival récompense les travaux de fourmi, le travail des artisans du cinéma, et pas le job d'usine des grands studios, chacun a donc sa chance. Cannes s'ouvre au monde entier, et la plus belle preuve est la Palme d'or thaïlandaise, glanée l'année dernière par Apichatpong Weerasethakul pour son déroutant Oncle Boonmee... Cette année encore, Israël, le Japon, le Mexique ou encore la Turquie ont placé un film dans les 19 participants en sélection officielle. La France, avec trois représentants de talent, aura son mot à dire. Et peut-être, une ligne de palmarès de plus à écrire.

Clément Razgallah

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